Jean Truchon et Nicole Gladu

L’aide médicale à mourir (AMM): mise au point sur une juste cause

Beaucoup de choses ont été écrites ces deux dernières semaines sur le procès des deux courageux citoyens, Mme Nicole Gladu et M. Jean Truchon, qui contestent les restrictions de la loi C-14 (fédérale) et la loi 2 (provinciale) eu égard à l’arrêt Carter de la Cour suprême du Canada (CSC), signé à l’unanimité le 6 février 2015.

Certains demandent un élargissement à plusieurs groupes de la société alors que d’autres craignent justement cet élargissement en alléguant les mêmes arguments souvent entendus de la «pente glissante» qui en réalité ne s’est révélée nulle part où une telle loi existe.

L’Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité (AQDMD) appuie les deux demandeurs et leurs avocats (Ménard, Martin ainsi que Langlois avocats) qui agissent pro bono et tient à faire une mise au point.

• La cause Gladu/Truchon ne touche que ces deux personnes qui ont des pathologies chroniques incurables depuis plusieurs décennies et qui sont parfaitement aptes à décider par eux-mêmes de leur devenir.

• Ils veulent faire reconnaître leur droit à l’AMM considérant leur situation personnelle et ceux qui comme eux respectent sans aucune ambiguïté tous les critères émis par la CSC.

• Ces deux citoyens ont toute l’aide désirée pour leur état et il ne s’agit en aucune manière de personnes handicapées qui n’ont aucun service, au contraire, et eux-mêmes le clament haut et fort.

L’objectif de la cause devant les tribunaux est de faire reconnaître que les deux lois sont anticonstitutionnelles et briment leur droit à la sécurité; la demande ne touche ni les patients avec problème de santé mentale, ni les mineurs, ni les directives médicales anticipées, toutes problématiques qui nécessiteront encore beaucoup de réflexion et de recherche, et nous en convenons tous. Et cette cause ne remet aucunement en question la pertinence des soins palliatifs de qualité pour ceux qui le désirent, le soutien aux personnes handicapées de tous types non plus que le drame du suicide chez des personnes physiquement bien portantes. Alors, poursuivons la réflexion avec hauteur sur ce sujet sociétal majeur malgré les bruits de fond injustifiés.

Georges L’Espérance, neurochirurgien, Président de l’AQDMD