Il est impératif que la CCNQ et la Ville sortent le dossier des Nouvelles-Casernes publiquement pour laisser libre cours aux discussions des citoyennes et citoyens de Québec.

L’âge des Casernes au parc de l’Artillerie

Dans Le Soleil du 8 janvier, on parlait de l’état actuel de l’éternel dossier des Nouvelles-Casernes, géré par la CCNQ. On procède depuis quelques années à la consolidation de cette structure incontournable des fortifications de Québec et c’est très bien. Un budget de 20 millions $ a été réservé à cette fin et il semble que cette étape aille bon train.

Le gros débat qui reste à être tranché est bel et bien celui de la nouvelle vocation de ce bâtiment, longiligne et comprenant différentes époques de construction allant du Régime français jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Des études et rencontres ont déjà été faites sur ce sujet il y a quelque temps, mais la CCNQ ne veut pas en ébruiter le contenu. Un comité d’architectes, de quelques citoyens et de spécialistes du patrimoine se sont prononcés, mais absolument rien n’a transpiré de toute cette réflexion. Valérie Lesage, porte-parole du dossier, dit qu’elle n’a pas l’intention de dévoiler quelque information que ce soit.

En tant qu’architecte à la retraite, je connais très, très bien ce bâtiment pour avoir travaillé au parc de l’Artillerie de 1973 à 1975 et pour en avoir fait un relevé complet pour le compte de M. de Blois, architecte, et ce dossier ne peut plus attendre.

M. le Maire devrait en faire une priorité dans un Vieux-Québec qui ne cesse de perdre des plumes, après la fermeture prochaine de la Caisse Desjardins, d’un restaurant, etc. Ça ne devrait pas créer un éléphant blanc comme un certain «Centre V», mais plutôt participer très positivement au dynamisme de ce quartier.

Il est impératif que la CCNQ conjointement avec la Ville de Québec sortent ce dossier sur la place publique pour enfin laisser libre cours aux discussions ouvertes des citoyennes et citoyens de Québec. Peut-être de ce brainstorming sortira-t-il une solution tant attendue.

Une chose est sûre, c’est que ce complexe doit être voué à la population et non pas à une vocation fermée sur elle-même et inaccessible au public, comme d’y aménager des locaux pour L’Hôtel-Dieu, ou de le vendre à un promoteur privé pour y construire des condos. Il a une trop grande valeur historique pour le privatiser.

Et en même temps pourra-t-on enfin reconstruire symboliquement la porte du Palais au même titre que la porte Prescott a été réinterprétée au milieu de la côte de la Montagne? Il ne manquera alors plus que la reconstruction encore là symbolique de la porte Hope, au pied de la rue Sainte-Famille, tout près du Séminaire de Québec pour ainsi compléter tout le circuit piétonnier des fortifications.

Alfred Martel, architecte retraité de la Ville de Québec