Jean-François Lisée

La souveraineté nécessaire à notre épanouissement

En réaction à la lettre «Lisée ne pourra pas nous faire oublier la charte» parue le 11 janvier 
Monsieur Rutema semble être contre le projet de charte présenté par Bernard Drainville en 2014. On peut être contre quelque chose, mais encore faut-il savoir précisément pourquoi. Est-ce contre le fait que certains employés de l'État devraient servir le public à visage découvert? Ou contre le fait que les immigrants devraient avoir une connaissance minimale du français pour s'établir au Québec? Pour ma part, je suis en faveur d'une telle exigence pour protéger la place des francophones. La loi 101 a été grugée comme un fromage gruyère au cours des années, de telle sorte que la langue française est de moins en moins protégée. La priorité est donnée aux droits individuels au détriment des droits collectifs.
Au sein du Canada, notre poids démographique et politique diminue constamment. Lors de la dernière élection, un certain nombre de circonscriptions ont été ajoutées, surtout dans l'Ouest et l'Ontario.
Je vais vous donner quelques exemples qui font qu'on ne peut se développer pleinement au sein du Canada. L'année dernière le gouvernement fédéral a voulu imposer des conditions aux transferts vers les provinces. Que s'est-il passé ? Le Nouveau-Brunswick a renié sa signature et a conclu une entente avec le gouvernement fédéral, suivi de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres que cette confédération, ce pays ne fonctionne pas et ne tient pas compte que le Québec est une société distincte. 
Un livre (Le code Québec) écrit par Jean-Marc Léger démontre clairement que nous sommes différents des autres citoyens canadiens, puisque la majorité d'entre nous sommes issus d'une culture française, mais vivons dans une société anglaise avec un mode de vie américain. 
Récemment, Lucien Lessard, ex-député du PQ, a rappelé dans le Soleil que le Canada en fêtant cette année son 150e anniversaire, passe sous silence plusieurs évènements marquants qui ont minimisé la place du Québec. Faut-il rappeler que nous n'avons toujours pas signé cette constitution.
Vous pouvez vous sentir bien dans ce beau Canada, mais comme beaucoup d'autres Québécois, je considère que nous sommes à l'étroit dans ce pays, ce qui nous empêche de nous épanouir et de nous développer pleinement sans entraves.
Un Québécois lucide qui considère que la seule voie est la séparation, la souveraineté afin de décider de nos priorités afin de nous épanouir complètement.
Mathieu Bonsaint, Neuville