La maison contemporaine en construction au 1410, avenue Oak, à la limite de l'arrondissement historique de Sillery, compte environ 930 mètres carrés, sur un terrain de 2798 mètres carrés.

La saga de la densification dans Sillery

À mon tour, je me permets d'ajouter mon commentaire dans ce qu'il est convenu d'appeler la saga de la densification. Je ne crois pas manquer d'ouverture au modernisme ni être fermé à l'immigration, et cet amalgame d'idées rétrogrades que François Bourque semble vouloir imputer aux opposants me paraît très injuste.
Je suis né à Sillery et j'y ai habité 39 des 48 dernières années. Je partage l'idée qu'une densification de certains quartiers à Québec est souhaitable, et le fait que tout ce qui a été construit à Sillery ne mérite pas d'être conservé. De même, je pense que certains espaces verts que compte actuellement Sillery doivent être conservés et d'autres pas.
Mon adhésion au mouvement pour une densification respectueuse s'appuie sur le fait qu'on démolit actuellement des maisons saines et proportionnées aux terrains qu'elles occupent pour construire des unités nettement trop grosses pour l'espace disponible. Je ne commenterai pas l'allure de ces maisons. On aime ou on n'aime pas. Ce ne sont pas les goûts personnels qui doivent guider les règlements d'urbanisme de toute façon. Cependant, des exemples forts intéressants de subdivisions ayant permis de conserver de belles demeures des années 50 et 60 tout en donnant l'occasion d'ajouter de nouvelles résidences qui s'intègrent très bien à leur environnement existent.
Passez sur l'avenue des Gouverneurs et vous en trouverez. De même, le mauvais état de certaines maisons peut très bien justifier leur démolition, mais la rentabilité d'un terrain ne peut justifier de démolir n'importe quoi.
Je réitère que le débat actuel ne doit pas s'appuyer sur le bon et le mauvais goût, mais sur le fait qu'on ne peut transformer Sillery en quartier Montcalm d'un coup de baguette magique. Cette densification est souhaitable, mais doit s'intégrer, j'insiste, sur un respect du bâti actuel: espace de retrait suffisant face à la rue et correspondant aux maisons adjacentes, conservation des arbres matures dans une juste proportion, espace suffisant entre les résidences pour cadrer avec l'environnement actuel et hauteur similaire aux maisons environnantes.
Quant aux espaces verts, on ne peut refuser le développement de tous les terrains qui bordent le cap, mais assurons-nous de conserver ce qui permettra aux générations futures de profiter de cette perspective unique. Pour ce faire, la Ville doit proposer un plan d'ensemble.
Demander que l'on agisse avec un peu plus de retenue et de manière progressive ne constitue pas un refus du développement considérant la rapidité des transformations qui s'opèrent actuellement. Et faire abstraction du modèle de développement des 50 dernières années à Sillery ne fait pas des gens qui aiment Sillery des gens fermés refusant les autres et la nouveauté. En terminant, et pour faire référence aux commentaires d'une citoyenne rapportés par M. Bourque, je crois que ceux qui souhaitent transformer Sillery en New York font fausse route. Bien franchement, Toronto a de meilleures chances d'y arriver!
Bernard Tremblay, citoyen de Sillery, Québec