La recherche en aérospatiale a besoin de l’immigration

POINT DE VUE / L’industrie aérospatiale québécoise représente 50 % de l’activité en aérospatiale canadienne avec plus de 42 000 emplois au sein d’entreprises majeures et de nombreuses PME. Le gouvernement québécois y a fait des investissements considérables dans le passé et se réjouit de l’arrivée de nouveaux joueurs comme Airbus et Mitsubishi. La croissance de ce secteur est étroitement liée aux investissements en recherche nécessaires pour assurer le développement et la mise en marché de technologies de pointe pour positionner favorablement nos entreprises sur un marché mondial des plus compétitifs.

Certaines décisions récentes du gouvernement québécois limitant l’accès aux étudiants internationaux au Programme de l’expérience québécoise (PEQ) sont difficiles à comprendre et contre-productives, car elles affectent directement notre capacité à mener de la recherche dans ce secteur de pointe.

Nos universités accueillent des étudiants internationaux à la maîtrise et au doctorat qui mènent non seulement des projets de recherche en aérospatiale durant leurs études, mais ensuite contribuent à l’économie du Québec, car plusieurs d’entre eux décrochent un emploi dans ce secteur après leurs études. Ces étudiants ont des connaissances uniques et ont acquis des compétences pour réaliser de la recherche de pointe pour soutenir le développement de nos entreprises.

Depuis nombre d’années, le gouvernement québécois joue un rôle de leader en mettant sur pied et en finançant des programmes de recherche et développement tels le CRIAQ, SA2GE et plus récemment Aéro21 qui sont des catalyseurs importants pour stimuler la recherche aérospatiale autant au sein des entreprises que dans le milieu académique. Les nouvelles décisions du gouvernement sont contre-productives, car elles restreignent l’accès à de jeunes chercheuses et chercheurs de talent dont nous avons besoin pour mener ces travaux. Il faut réaliser que ces jeunes arrivent au Québec avec une formation en science et génie acquise dans les meilleures universités de leurs pays d’origine.

Le futur de l’aérospatiale comme celui de l’intelligence artificielle et d’autres secteurs importants pour le Québec est mis en danger par ces mesures qui restreignent nos capacités en recherche de pointe. Nous souhaitons que le gouvernement fasse les ajustements nécessaires pour assurer que le Québec continue d’attirer et de retenir des chercheurs de talent dans ces secteurs.

*Signataires : 

Christian Moreau, Professeur et Directeur, Institut de conception et innovation aérospatiales de Concordia, Université Concordia

Luis Rodrigues, Professeur et Directeur-Éducation, Institut de conception et innovation aérospatiales de Concordia, Université Concordia

Ouassima Akhrif, Professeure et Directrice, AÉROETS, École de technologie supérieure

Alain Batailly, Professeur et Directeur, Institut d’innovation et de conception en aérospatial de Polytechnique, Polytechnique Montréal

Steve Yue, Professeur et Directeur, McGill Institute for Aerospace Engineering, Université McGill

David Rancourt, Professeur et Directeur, AéroUdS, Université de Sherbrooke

Augustin Gakwaya, Professeur et Directeur, Centre de formation pratique en conception et innovation en aérospatiale, Université Laval