La prévention encore oubliée

S'est-on déjà attardé à connaître quels sont les objectifs du système de la santé au Québec? Le mandat d'un ministère de la Santé est de fournir les ressources pour que les Québécois et les Québécoises soient en santé et vivent avec une bonne qualité de vie. Comment y arriver? Deux volets semblent constituer le comment : la fourniture de soins et la prévention.
Un ministère de la Santé existe-t-il réellement? En réalité, on devrait plutôt parler d'un ministère de la pathologie puisque les argents sont investis presque uniquement dans la «réparation au garage», dans la fourniture de soins. Pourtant nos taxes et nos impôts devraient servir au bien-être des citoyens et citoyennes?
La fourniture de soins permet d'améliorer le niveau de santé ou de réduire la morbidité. Il est essentiel de s'attarder à la gestion financière de la production et à la distribution des soins. Augmenter les budgets dans ce domaine est en soi un objectif pertinent puisque les conséquences de la guérison des citoyens ont un impact considérable sur le plan de la productivité économique, sur la qualité de vie et sur le bien-être des gens.
Cependant, limiter les budgets à la fourniture de soins est insuffisant et la diminution des coûts relatifs à ce secteur relève d'une orientation plus large que devrait prendre le ministère de la Santé, s'il veut vraiment porter son nom. Un vrai ministère de la Santé doit s'attarder aux quatre volets relatifs à la santé : les modes et habitudes de vie, l'environnement, la biologie humaine et l'organisation des soins. Pour les années à venir, il y a nécessité de diminuer le nombre de cas à l'urgence et les dépenses. Pour y arriver, une solution réside dans une plus grande préoccupation des trois premiers déterminants de la santé énoncés et que l'on peut englober dans un mot «PRÉVENTION». Ces volets devraient recevoir autant d'attention que l'organisation des soins (sans toutefois diminuer les fonds qui y sont consacrés). Il serait fort pertinent de tenir compte de ces déterminants dans les décisions relatives à l'établissement des budgets alloués à tout le secteur de la santé.
La pression continue en faveur de l'expansion du système traditionnel de soins en oubliant le développement de programmes concernant la prévention. Toutes les réformes des différents ministères de la Santé ont insuffisamment considéré l'impact à long terme de la prévention. De là, la négligence du développement d'une politique reliée aux déterminants de la santé autres que la fourniture de soins.
On indique que les causes de mortalité sont les maladies et qu'un meilleur financement des soins permettrait d'augmenter le niveau de santé de la population. C'est exact en partie puisque cela créerait de meilleures réparations de bris de santé. Mais, il serait plus exact de dire qu'un grand nombre des causes de maladies et de décès est relié au mode de vie, aux habitudes de vie et à l'insuffisance de mesures préventives.
À vous maintenant, chers gens de partis politiques, de poursuivre la réflexion et de stimuler la mise en place d'un programme avantageant la prévention en santé afin que nos impôts et nos taxes servent davantage à aider au bien-être des citoyens et des citoyennes.