La neutralité est plus importante que la religion

Des élèves de cinquième secondaire de la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette nous ont offert leurs réflexions sur le dossier de la laïcité de l’État et le port des signes religieux. Voici leurs contributions

Depuis plusieurs années, le Québec a certains problèmes liés à l’intégration des migrants et des cultures étrangères. Récemment, la firme CROP a fait un sondage auprès de certains Québécois majeurs pour savoir ce que la population pensait de la loi du gouvernement caquiste de François Legault sur l’interdiction du port de signes religieux pour les employés en position d’autorité. Ils y étaient surtout favorables. Mais qu’en est-il de nous, adultes en devenir, à qui les adultes d’aujourd’hui vont laisser ce monde qu’ils ont créé à leur image? Certains dirons que nous sommes intolérants, mais ce n’est pas le cas. Nous voulons seulement protéger notre culture. 

Tout d’abord, nous n’aimons pas quand certaines personnes, en arrivant au Québec, veulent que nous soyons ceux qui doivent s’habituer à leur culture, au lieu qu’eux s’habituent à notre culture canadienne, aux valeurs du pays qui les accueille. Par exemple, l’étudiante en technique policière, Sondos Lamrhari, veut porter le voile dans le cadre de ses fonctions, alors qu’à ce jour, aucun policier ne porte le voile au Québec, ou même en Algérie (où la religion d’État est l’islam). 

De plus, les personnes en position d’autorité comme les enseignants pourraient influencer les plus jeunes. Par exemple, un professeur d’ECR qui porte le voile, ou tout autre signe religieux, ne sera pas neutre par rapport à son travail et aux croyances des élèves, alors que le cours porte sur le vivre-ensemble et la liberté de penser. Nous avons certainement un esprit critique, mais nous sommes encore en formation et, même si nous ne voulons pas l’avouer, les professeurs ont une grande influence sur notre manière de penser et d’agir à notre âge.

«La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres». Ce proverbe explique très bien la situation du Québec de nos jours. Nous ne sommes pas contre la liberté de religion au Québec. Nous sommes contre le retour de l’influence de la religion sur le gouvernement et sur ses employés. De ce fait, nous trouvons que le gouvernement Legault est hypocrite dans sa manière d’introduire sa nouvelle loi, car son parti affirme que la croix à l’Assemblée nationale (lieu fort représentant l’État) devrait rester en place sous prétexte que cela fait partie de l’histoire du Québec. Mais si c’est le cas, pourquoi ne pas l’envoyer dans un musée où tout le monde pourrait en profiter? Si le gouvernement Legault veut introduire sa nouvelle loi sans être incohérent, il doit enlever ce signe aussi.

Pour conclure, nous sommes d’accord avec le fait que les migrants aient le droit de porter leurs signes religieux en public. Par contre, dans une position d’autorité, par exemple les policiers ou enseignants, qu’ils soient hommes ou femmes, nous croyons que la neutralité est plus importante que la religion quand nous représentons l’État. Étant donné notre société laïque, les représentants de l’État ne doivent pas avoir de lien avec la religion. C’est d’ailleurs ce qui a été fait en Algérie, en 2017, où le niqab et le voile intégral ont été interdit dans les écoles. Pourquoi ne pas suivre cet exemple de laïcité?

Philippe Drolet et Joélie Lafrance

5e secondaire, Polyvalente de L’Ancienne-Lorette