«Au lieu de changer les règles du jeu avant la prochaine négociation en remettant entre autres en question le principe d’ancienneté dans la répartition des tâches, le ministre Roberge ne devrait-il pas plutôt remplir ses promesses pour valoriser la profession enseignante?» écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

La négociation avec les enseignants devrait être une priorité pour la CAQ

POINT DE VUE / Si l’éducation est la «première priorité» pour le gouvernement Legault, pourquoi démontrer un tel désintéressement à l’égard de ceux et celles qui contribuent quotidiennement à la réussite éducative de nos jeunes dans les écoles publiques du Québec? Pour le moment, la CAQ, obnubilée par la réalisation de ses promesses électorales, s’enfonce dans des changements de structures dans le domaine scolaire au détriment des besoins criants qui n’ont pas nécessairement de réponses sur le terrain.

Si le projet de Loi 40 se targue de confier de nouveaux pouvoirs aux dirigeants des écoles en modifiant la Loi de l’instruction publique, certains de ses articles auront comme conséquences de restreindre l’autonomie professionnelle des enseignants. Dorénavant, le directeur d’une école pourrait modifier la note d’un élève, s’ingérant ainsi dans le processus d’évaluation qui est la prérogative des enseignants. De plus, face à l’impopularité de la création d’un ordre professionnel, le ministre de l’Éducation utiliserait ces changements pour introduire par la bande de nouvelles obligations aux enseignants. Au lieu de changer les règles du jeu avant la prochaine négociation en remettant entre autres en question le principe d’ancienneté dans la répartition des tâches, le ministre Roberge ne devrait-il pas plutôt remplir ses promesses pour valoriser la profession enseignante?

À cet égard, la reconnaissance sociale des enseignants passe notamment par une augmentation de la rémunération qui devrait toucher l’ensemble du corps professoral, des plus jeunes aux plus expérimentés. De plus, une série de mesures devrait être prise pour reconnaître le professionnalisme des enseignants. Ces derniers sont devenus des techniciens à la merci des directions d’école et du ministère qui impose des plans de réussite dans chacune des disciplines et son corollaire sous-jacent : la pression auprès des enseignants pour modifier les notes des élèves.

Comme on peut le constater, le monde de l’enseignement est confronté à une multitude de contraintes qui éloignent une relève dont les écoles ont cruellement besoin. Il incombe au gouvernement de profiter de la prochaine ronde de négociations pour améliorer les conditions de travail et les salaires de ceux et de celles qui sont au cœur de la réussite de nos enfants. S’y soustraire, c’est ouvrir la porte à la médiocrité, en s’attaquant à la pérennité même de l’école publique.