Pas étonnant qu'un attentat ou une fusillade en amène une autre. Les tueurs veulent aussi donner leur spectacle télévisé, affirme l'auteur de ces lignes.

La mort en spectacle

Vendredi, 6 janvier, une fusillade a eu lieu vers 12h30 à Fort Lauderdale. À 3h, la télé en fait un spectacle à grand déploiement. Le tueur a gagné. Son délire est utilisé pour renflouer les coffres des stations de télévision. Son spectacle est réussi.
En attendant le prochain, un journaliste en parle comme le narrateur d'une histoire qu'on lit avec une grande ponctuation et où on insiste et monte le ton en donnant toutes les cinq minutes le nombre de morts, puis le nombre de blessés, pour donner plus de mordant à l'horreur qui rapporte gros en cotes d'écoute. 
Puis, les publicités se bousculent pour nous vendre leurs produits entre deux attentats. On nous demande de regarder les gens courir pour échapper à la mort et on monte le son lorsque les cris de détresse humaine des gens qui tentent de sauver leur vie et échapper à la mort fendent l'écran. 
Le «narrateur» et non pas le «journaliste» nous annonce encore une fois que nous sommes en direct et qu'on suivra la situation de près toute la journée, histoire de nous mettre en appétit de violence et de sang humain. Une journée rentable pour les télévisions. Le narrateur donne franchement l'impression d'être une cheerleader qui attend que la foule se lève et commence une grande vague comme en regardant des sports, en attendant plus de détails et plus d'images pour une autre vague. 
Le spectacle est réussi. La mort en direct a été rentable. Une publicité nous montre les images d'un film américain violent avec des bruits de fusil, histoire de nous donner le goût de la violence. La mort en direct est maintenant elle aussi rentabilisée. La violence est un peu plus banalisée et rentabilise en attendant demain ou le prochain attentat. 
Franchement dégueulasse! Le capitalisme devrait être encadré, histoire de ne pas avancer vers la violence qu'on banalise un peu plus chaque jour en tentant de la rentabiliser. Pas étonnant qu'un attentat ou une fusillade en amène une autre. Les tueurs veulent aussi donner leur spectacle télévisé. C'est très dangereux. 
Jocelyne Dumont, Saint-Jean-Port-Joli