La Cathédrale Saint-Germain de Rimouski

La misère de la fabrique Saint-Germain

La Cathédrale Saint-Germain de Rimouski est fermée depuis plus de quatre ans. Rappelons qu’un sondage de la Firme Léger indiquait que 77 % des personnes sondées réclamaient la réouverture au culte aux activités culturelles et communautaires. Malgré toutes les actions entreprises par des groupes ou des individus, l’évêché est demeuré inflexible dans sa décision, et ce à l’encontre de la volonté de la population.

Depuis avril 2018, à la suite de la création de la nouvelle paroisse Bienheureuse Élizabeth Turgeon (regroupant les ex-paroisses St-Robert, St-Pie X, Sacré-Cœur et Pointe-au-Père), la Fabrique de la paroisse Saint-Germain de Rimouski n’a toujours pas de président ni de vice-président en raison de l’inaction de l’évêque Denis Grondin et de son non-respect de la Loi sur les fabriques qui l’enjoint à procéder aux dites nominations. L’effet pervers de son inaction consiste à rendre le conseil de fabrique inopérant (ne peut pas convoquer de réunions, voter des résolutions, produire des procès-verbaux et rendre compte aux paroissiens). Ainsi, les marguilliers ne peuvent pas exercer leur rôle en raison d’une forte apparence d’usage stratégique négatif de la loi, ce qui laisse toute la place à la Curie Rimouskoise d’agir comme elle veut.

Dans un article du Journal L’Avantage daté du 31 octobre dernier annonçant la nomination d’un médiateur dans le dossier en la personne de Mgr Marc Pelchat, évêque auxiliaire de Québec, on cite l’évêque de Rimouski lequel souhaite qu’on «recherche ce que Dieu attend de nous dans cette situation».

Ce propos larmoyant ne doit pas nous distraire de la réalité concrète où seul l’être humain agit. Dieu n’a pas affaire dans ça. N’est-il pas dit quelque part qu’il ne faut pas user en vain de Son nom. La nomination d’un membre de la fratrie épiscopale, comme médiateur dans cette déplorable situation, induit un doute quant à l’objectivité et la transparence de l’exercice. Cela n’est pas sans évoquer le sourcillement que provoque dans le public une enquête sur la police par la police.

Il aurait été de loin approprié d’engager les services professionnels d’une firme indépendante spécialisée en ce domaine. Qu’on ne vienne pas objecter l’économie des coûts afférents. L’évêché jouit de dizaines de millions de dollars appartenant aux diocésains et paroissiens. Nous verrons le résultat.

Il m’apparaît urgent que le gouvernement Legault mette de l’ordre en modifiant à grands traits la Loi sur les fabriques pour mettre au pas le clergé qui abuse de son pouvoir. Notre ami Galilée a attendu, outre-tombe, 359 ans avant que Jean-Paul II le réhabilite. Combien de temps attendrons-nous encore pour que l’évêque réponde positivement au désir des paroissiens? La culture du silence et de la lenteur de l’Église institution, sous prétexte de prudence, ne m’apparaît aucunement vertueuse. Il ne faut surtout pas confondre vice et vertu. Depuis plus de quatre ans, la saga se poursuit. On n’a jamais senti la volonté de l’évêque de rouvrir la cathédrale. Une question que d’aucuns se posent : aurait-il été nommé au siège épiscopal de Rimouski précisément pour se départir de la cathédrale? La disparition de la cathédrale serait-elle le prélude à la dissolution de l’archidiocèse pour se fondre dans le seul archidiocèse de Québec?

Gilles Le Chasseur, Rimouski