Gaétan Barrette

La mémoire sélective du Dr Gaétan Barrette

POINT DE VUE / Le mercredi 18 décembre, Gaétan Barrette exprimait son opinion sur l’entente avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). Ayant œuvré pendant près de 35 années comme gestionnaire dans le réseau de la santé, j’ai toujours appliqué mon devoir de réserve.

Quelle ne fut pas ma surprise de constater que le Dr Barrette, par ses propos sur la pertinence clinique, parlait des deux côtés de la bouche. D’une part, il dénonce la création selon ses dires «temporaire» de l’Institut de la pertinence en matraquant que la loi Barrette aurait été plus efficace et, d’autre part, aujourd’hui il ose prétendre que la pertinence est plus une mesure économique que budgétaire et je le cite : «Nous sommes tous d’accord avec l’élimination des actes inutiles. Mais un acte inutile est toujours remplacé par un acte utile. C’est positif pour la liste d’attente, mais sans effet sur les revenus des médecins». 

En d’autres termes, c’est économiquement rentable pour la société, mais ce n’est pas une mesure budgétaire.

Rafraîchir la mémoire

Au cours de l’exercice budgétaire 2015-2016, ce ministre docteur a coupé littéralement 150 millions $ annuellement au budget des établissements de santé du Québec sur des mesures de pertinence clinique. Je le sais, car j’étais au CHU de Québec à l’époque et notre établissement a écopé d’une coupure budgétaire de 14,3 millions $ annuellement. Le Dr Barrette a donc mis le fardeau de la pertinence clinique sur le dos des gestionnaires du réseau et de leurs établissements.

Nous savons tous que la pertinence clinique doit être basée sur la science et des données probantes et ça prend du temps et beaucoup de cohésion pour en faire l’implantation. Malgré les efforts de notre directeur des services professionnels et des chefs de département, ce fut le début des déficits du CHU de Québec. Un déficit de 17,8 millions $ curieusement très proche de la coupure de 14,3 millions $, tout cela après plus de douze années consécutives d’équilibre financier. Cela est le vrai impact de la méthode Barrette sur la pertinence.

En définitive, nous ne pouvons présumer des résultats futurs de l’Institut de la pertinence, mais au moins avec le gouvernement actuel, le débat se fera à la bonne place, c’est-à-dire par les prescripteurs de soins. Par la suite, tous ensemble, les acteurs du réseau de la santé feront les transformations au bénéfice des patients.