La Maison Monbourquette

La Maison Monbourquette est en deuil...

Comme bénévoles, nous sommes encore sous le choc (première phase du deuil) d’avoir appris, lors de la réunion du mardi 28 août 2018, que les portes de la Maison Monbourquette seront fermées dans les jours qui suivent et ce, pour des raisons d’ordre financier, d’un lourd fardeau à porter sur les épaules des fondateurs et la peur que si quelque chose leur arrivait, tout s’écroulerait.

Il est dommage qu’ils aient oublié que derrière eux, il y avait plus d’une centaine de personnes, soit des employés d’un grand professionnalisme et des bénévoles qui ont donné généreusement de leur temps pour offrir une écoute bienveillante à la population et qui croyaient de tout leur cœur à cette belle œuvre. Ils auraient pu recevoir mille et une suggestions pour une relève. La complémentarité des esprits et la complémentarité des moyens ne sont-elles pas une source de merveilles?

Mais voilà, ils ont choisi de décider seuls en vase clos et ont opté de mettre l’accent sur le volet de la formation en faisant une entente avec l’Université de Montréal pour créer une nouvelle chaire d’enseignement et de recherche sur le soutien social aux personnes endeuillées. 

On ne peut être contre cette belle initiative ni ignorer tout ce que les fondateurs ont pu faire de bon pour cette maison dans le passé, mais là où les questions fusent : 

• C’est le fait de fermer d’eux-mêmes cette maison et dans des délais très courts, alors que cette dernière a fait sa marque depuis 15, grâce à 35 000 interventions au fil des années et en même temps d’exprimer que leur première inquiétude est de la voir échouée;

• c’est le fait de parler d’un gouffre financier et en même temps faire un don à l’Université de Montréal de 1,2 million $ pour créer cette chaire d’enseignement;

• c’est de vouloir pérenniser l’Œuvre du Père Monbourquette et en même délaisser à elles-mêmes toutes ces personnes affligées par la douleur, alors que lui était un homme de terrain et ne se lassait pas de les accompagner dans leur solitude et dans leur tristesse qui pouvaient parfois frôler la détresse intérieure.

Aujourd’hui, à quelles portes toutes ces personnes endeuillées vont-elles frapper? D’autant plus qu’elles auront à vivre un double deuil, celui d’avoir perdu un être cher et celui de ne plus trouver dans leur trousse de secours le nom de la Maison Monbourquette.

La moindre des choses n’aurait-elle pas été de trouver l’instance qui prendra la relève pour la ligne d’écoute, et les rencontres individuelles et de groupes avant de fermer les portes? L’Université de Montréal est-elle en mesure de combler ce vide dans l’immédiat? 

La maison Monbourquette a été pour plusieurs un havre de paix où les maux se transformaient en mots. On y trouvait une main à laquelle s’accrocher, une oreille qui écoutait, un cœur qui comprenait, et ce en dehors du cercle familial.

Quant à nous tous qui avons œuvré dans cette maison avec cœur et enthousiasme, nous continuerons à rêver ensemble pour trouver des bienfaiteurs qui redonneront vie à cette bonne cause et qui s’occuperont de ces personnes qui souffrent et se sentent isolées, car comme l’a si bien dit Graham Greene : «Quand on rêve seul, le réveil nous ramène à la réalité, mais quand on rêve ensemble, c’est le début de la concrétisation.»

Monique Khouzam Gendron, Montréal

Au nom des bénévoles