La longévité au pouvoir altère l'audition

Un hôtelier de Québec publiait la semaine dernière une réflexion pertinente et pondérée sur l’afflux massif de touristes lors de la présence de trop nombreux bateaux de croisière en octobre.

Sitôt le lendemain le maire de Québec piqué au vif s’empressait de monter aux barricades avec une argumentation douteuse. «Plus il y en a plus le monde il est content».

Il est toujours dérangeant et inquiétant pour les citoyens de voir le maire partir en croisade en donnant l’impression qu’il n’a pas murement réfléchi à ses propos ou qu’il n’a écouté que des personnes qui disent ce qu’il veut entendre. Suite à la réflexion de Monsieur Georgeons et suite aussi à une promenade dans les rue de Québec alors qu’il y avait plus de trois bateaux de bonne taille à quai, je crois que le Port de Québec et la Ville de Québec auraient avantage à consulter des intervenants compétents et crédibles qui répondraient sans complaisance aux interrogations soulevées par le texte de celui-ci avant de moduler leur offre aux croisiéristes.

Il est loin d’être pertinent d’engager des fonds publics pour augmenter la capacité d’accueil du port. Si Québec coordonne un peu mieux le nombre de bateaux de croisières présents en même temps en fonction de la capacité d’accueil de l’espace et des infrastructures, les croisiéristes vont s’ajuster. Les bateaux auront un meilleur service, les touristes bénéficieront d’une meilleure expérience et seront vraisemblablement de retour en plus grand nombre. Les Musées, marchands, hôteliers et restaurateurs offriront un meilleur produit et y trouveront leur compte à court et long terme. Lors d’une croisière au printemps 2018, ma femme et moi avons acheté une excursion nous menant à Londres. Devant l’avalanche de touristes, nous avons simplement décidé de ne plus retourner dans cette ville.

Sur un autre plan il est toujours déplaisant de voir notre maire traiter avec mépris les personnes qui proposent des réflexions qui n’ont pas l’heur de lui plaire et de balayer du revers de la main leurs arguments. Serait-ce que le pouvoir altère l’audition et entraine l’écoute sélective ou que les gens qui ont des opinions qui divergent de celles du maire ne veulent plus les exprimer pour ne pas se faire ridiculiser publiquement. A la réflexion de notre hôtelier, le maire aurait pu simplement répondre que ses remarques seraient prises en considération et que les responsables du tourisme à la Ville et ceux du Port réfléchiraient sur le sujet.

Messieurs Labeaume et Girard devraient peut-être revisiter leurs classiques et relire « La Poule aux œufs d’or» de Jean de Lafontaine avant de parler et surtout de se lancer dans un nouveau programme de promotion et d’investissement à même les fonds publics.

Ivan Ménard, conseiller en gestion

Québec