La loi 21: l’événement politique de l’année au Québec

Henri Marineau
Henri Marineau
Québec
POINT DE VUE / Nul doute que de s’attaquer à déterminer quel a été l’événement politique de l’année 2019 au Québec représente un certain challenge. Toutefois, force est de constater que les réactions, parfois vives et émotives, autour de la Loi sur la laïcité de l’État, autant de l’Assemblée nationale que de la population en général, auront monopolisé l’ensemble des tribunes médiatiques, y compris et surtout les médias sociaux, pendant une bonne partie de cette session parlementaire.

Comme il fallait s’y attendre, cette loi, qualifiée de «modérée» par le premier ministre François Legault, n’a pas eu l’heur d’avoir le même effet chez les personnes de communauté musulmane qui y ont perçu un obstacle flagrant contre l’exercice de leurs droits individuels, et cela, même si l’interdiction de signes religieux sur les lieux de travail ne touche que certains travailleurs en ligne d’autorité.

L’un après l’autre, les groupes s’opposant à la loi 21 sont venus exprimer leurs doléances en commission parlementaire sans que cela ne fasse broncher d’un iota le gouvernement de François Legault qui a finalement adopté le projet de loi sous bâillon. Le premier ministre évoquait, entre autres, que la grande majorité des Québécois appuyaient cette loi.

Une saga qui est loin d’être terminée, la loi 21 étant déjà contestée devant les tribunaux par la Commission scolaire English-Montreal (CSEM) et risquant de se retrouver éventuellement devant la Cour suprême du Canada, là où le débat tournera, à mon sens, autour des juridictions provinciales ou fédérales visées par la loi 21, notamment la dichotomie entre les droits collectifs et les droits individuels. 

Un dossier chaud à suivre en 2020!