La langue de Félix-Antoine-Savard

Lettre à François Bertrand, pdg de la STQ (Société des traversiers du Québec), et Christian Guay, directeur de la traverse de Tadoussac

Ce jeudi 2 août à 13h, une musique rock diffusée à tue-tête nous agresse sur le Félix-Antoine-Savard en route vers Tadoussac. Le choix du capitaine, me dit-on. Quelle occasion ratée de faire connaître aux passagers, souvent étrangers, la chanson québécoise francophone! Ou même le chant des baleines! Ou pourquoi pas le silence? Un véhicule public n’est pas la voiture privée d’un ado amateur de métal!

Françoise Guénette, Québec

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À la défense de Gauguet-Larouche

En 1966, le sculpteur Jean Gauguet-Larouche (1935-1986) participa à un procès public contre la Ville d’Alma (Lac-Saint-Jean) qui avait lancé à la rivière une sculpture de l’artiste Raymond Mitchell. Ce fut une lutte épique.

Or, nous avons appris récemment qu’une sculpture de Gauguet-Larouche, réalisée à la fin des années 1960 dans le cadre du Festival folklorique de Baie-Saint-Paul, a tout simplement été détruite et jetée au rebut par la Ville de Baie-Saint-Paul.

Dans la biographie de Gauguet-Larouche (Gauguet l’indigné, Éditions Charlevoix, 2017), la sculpture est présentée ainsi: «En 1968, il crée pour le festival folklorique de Baie-Saint-Paul une sculpture d’acier nommée Symbiose Écolo-folklorique d’acier et pierre (5X9) très avant-gardiste qui fut exposée un temps devant l’église de la localité.»

C’est donc un geste indigne et inacceptable que la Ville de Baie-Saint-Paul a fait ici. Surtout en cette ville où l’art devrait avoir son importance. Une façon de faire inqualifiable et il importe que le grand public sache comment les responsables municipaux de Baie-Saint-Paul traitent les œuvres d’art. Avons-nous évolué au Québec depuis 1966? Sommes-nous encore dans cette grande noirceur où les artistes de valeur sont rayés de l’espace public et leurs œuvres réduites en cendres? L’exemple de Baie-Saint-Paul est à signaler et s’avère très regrettable.

Gauguet-Larouche crierait fort et haut face à ce geste scandaleux de la Ville de Baie-Saint-Paul contre la libre expression et l’art. Il n’est plus là pour le faire et c’est maintenant à nous de demander le respect de nos œuvres d’art et de nos artistes créateurs contre des vandales municipaux d’hier à Alma comme ceux de Baie-Saint-Paul aujourd’hui.

Serge Gauthier, docteur en ethnologie historique, La Malbaie