La laïcité, une valeur d’aujourd’hui

Des étudiants de cinquième secondaire de la Polyvalente de l’Ancienne-Lorette nous ont offert leurs réflexions sur le dossier de la laïcité de l’État et le port des signes religieux. Nous avons choisi deux de leurs textes que voici pour l’édition papier, et vous retrouverez deux autres contributions dans notre application et dans le site web.

La liberté d’expression et la diversité culturelle ont toujours été mises de l’avant au Québec, mais, depuis un moment, elles semblent aller à l’encontre des valeurs des citoyens de la province, dont celles du premier ministre. Suite à son élection, François Legault a parlé d’une loi qui interdirait aux employés de l’État en situation d’autorité de porter des signes religieux visibles. Selon un sondage CROP, pas moins de 65% des répondants sont d’accord avec cette loi. Plusieurs questions me viennent alors à l’esprit: cette loi changerait-elle réellement quelque chose? Serions-nous plus « à l’abri » de l’influence des autres religions?

Selon moi, cette loi ne change rien, elle ne fait qu’aller à l’encontre des droits humains. Je crois que tout le monde devrait avoir le droit de représenter fièrement sa religion, que l’on soit en situation d’autorité ou non. Tel qu’il est écrit dans la Charte des Droits et Libertés, « toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression [...] »1. La laïcité est une valeur essentielle, mais avec ce souci de la liberté de conscience et de l’égalité de tous les hommes, qu’ils soient croyants, athés ou agnostiques. L’idéal laïc n’est pas un idéal négatif de ressentiment contre la religion. C’est le plus grand contresens que l’on puisse faire sur la laïcité que d’y voir une sorte d’hostilité à la religion. C’est plutôt un idéal positif d’affirmation de la liberté de conscience, de l’égalité de tous et de l’idée que la loi doit viser le bien commun et non pas l’intérêt particulier.

La religion est beaucoup plus importante que ce que certains peuvent croire. Pour plusieurs, pratiquer une religion est une façon de s’exprimer, de se sentir plus près de leur Dieu, d’apprendre et surtout de se sentir libre. La religion est ancrée en eux: dans leurs valeurs, leurs actes et leurs choix. Alors, interdire à une femme de porter le voile parce qu’elle est enseignante, où cela mènera-t-il ? Un enseignant qui porte un signe religieux peut enseigner de la même façon que celui qui n’en porte pas. Quelle que soit sa religion, son ethnie ou son orientation sexuelle, cela n’influence pas la qualité de son travail. Seules les croyances diffèrent et je trouve ça triste de constater que ce n’est pas tout le monde qui voit cela de cette manière. La diversité apporte beaucoup à notre société. Ce serait injustifié de la réduire simplement parce qu’on a peur que le port des signes religieux influence nos enfants ou encore parce que nous n’avons pas la même façon de nous représenter la religion.

Cela m’attriste de voir qu’on essaie désespérément de trouver une solution à un problème qui n’existe pas. Nous ne sommes pas obligés d’être en accord avec le port des signes religieux, mais il devrait au moins y avoir de l’acceptation de la part de tous. La laïcité est une quête à préserver et à promouvoir, à portée universelle. Laissons la population être libre de s’exprimer sans restriction et commençons à voir plus grand.

Marylou Lanthier

5e secondaire, Polyvalente de L’Ancienne-Lorette