«Faut-il attendre que des catastrophes majeures environnementales se produisent avant que les gens se rendent compte de l’importance des problèmes?» se questionne l'auteur de cette lettre d'opinion.

La guerre mondiale du climat

POINT DE VUE / Le débarquement des Alliés le 6 juin 1944 sur les plages de Normandie, annonçait le début de la fin de deux grandes guerres qui ont bouleversé à jamais l’histoire de l’humanité. Aujourd’hui en 2019, une autre guerre tout aussi importante est en cours. Une guerre où les enjeux sont tout aussi importants pour notre avenir, celle du climat.

Lorsqu’on étudie l’histoire des grands conflits de l’humanité, on se rend compte qu’elles se déroulent souvent de façons similaires. Les conflits commencent par une accumulation de problèmes économiques et de vague d’oppressions et explosent finalement dans un conflit qui semble sans fin. Elle se termine par la capitulation pure et simple d’un des antagonistes.

Après la Première Guerre mondiale, les Alliés ont volontairement étouffé le peuple allemand en leur demandant de payer des indemnités astronomiques afin de les punir de leurs actes. Ces compensations ont placé un poids énorme sur l’économie allemande qui, combinées à la crise économique mondiale, ont permis la montée de parties populistes comme la partie nationale-socialiste d’Hitler. Ce personnage entraina alors le pays dans une des pires guerres que l’humanité a vécues faisant des millions de morts.

Aujourd’hui, nous livrons une autre bataille, celle du climat. Les ennemis sont multiples, mais bien réels : les compagnies pétrolières qui contrôlent les prix afin d’assurer notre dépendance au combustible fossile, les grandes multinationales comme Monsanto qui cache volontairement les effets toxiques de leurs produits sur les humains ou encore les compagnies manufacturières qui produisent volontairement des objets qui ne durent pas (obsolescence programmée) et qui se retrouvent dans nos déchets. C’est également certains gouvernements qui ne voient pas la nécessité de réduire le nombre de véhicules sur les routes, qui subventionnent les compagnies productrices de pétrole ou encore qui hésitent à légiférer pour nous aider à réduire notre dépendance au pétrole.

Vous pensez peut-être que mon analogie avec la Grande Guerre est exagérée? Saviez-vous que l’activité (ou l’inactivité) de nos «ennemis» fait des millions de morts chaque année? Selon l’Organisation mondiale de la Santé, «on estime qu’au niveau mondial, 1,3 million de personnes — plus de la moitié dans les pays en développement — meurent chaque année en raison de la pollution de l’air des villes». Si ce n’est pas une conséquence, c’est quoi à votre avis?

Vous vous demandez alors qu’est-ce qu’on peut faire pour contrer ces géants qui nous mènent? La Résistance. Ici aussi l’analogie est intéressante. Lors de la seconde Grande Guerre, les Alliés n’auraient jamais pu vaincre les troupes allemandes sans la participation de la résistance. 

Aujourd’hui, notre résistance consiste à moins consommer, à prendre le transport en commun, à réutiliser et à recycler. L’importance de ces petits gestes prend tout son sens quand on le met dans le contexte d’une guerre globale pour l’environnement.

À l’époque on ne voyait pas comment on pouvait s’en sortir. Les alliés ont tenté au début de créer des alliances avec Hitler, mais celui-ci était le premier à ne pas respecter ses engagements. 

De même, aujourd’hui nous tentons de créer des ententes internationales sur l’environnement, mais les gouvernements sont les premiers à ne pas respecter leur parole afin de ne pas nuire à leur économie. 

Arrivèrent alors deux grands évènements qui changèrent le cours de la guerre : les bombardements de Londres et Pearl Harbor. Ces évènements catastrophiques, ont fait comprendre aux gens l’importance et la force de leurs ennemis. La voix de héros comme Churchill et Roosevelt se sont alors levés, supportant la grogne des gens et permettront plus tard de mettre fin à la guerre.

Faut-il donc attendre que des catastrophes majeures environnementales se produisent avant que les gens se rendent compte de l’importance des problèmes? Évidemment, j’espère juste que l’histoire ne se répètera pas et que l’on n’aura pas à aller jusque-là.

«Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge», a dit Winston Churchill.