La Déclaration universelle des droits de la personne, et nous

En cette Journée internationale des droits de la personne, il convient de saluer le travail constant de toutes celles et de tous ceux qui contribuent à actualiser et à défendre la pertinence des dispositions qui ont été enchâssées dans ce document fondamental, certes, mais qui ne relève pas du sacré.

En effet, la pire manière de défendre les droits et libertés de la personne, 70 ans après leur déclaration universelle, serait de se contenter d’en référer aux dispositions de la DUDH de la même manière qu’on référerait aux dispositions d’un texte religieux hors duquel il ne peut exister de salut. Les garanties de la DUDH relèvent d’une démarche éminemment pragmatique et non pas d’un quelconque «droit naturel» qui serait figé dans le temps.

Un contre-pouvoir essentiel

Les objectifs poursuivis par les rédacteurs de ce texte fondamental – soit la consécration des principaux attributs des régimes démocratiques et la protection des individus et groupes minoritaires contre d’éventuels abus cautionnés par la majorité au sein des différents États qui composent la communauté internationale – doivent demeurer au cœur de la démarche de valorisation et de protection des droits et libertés de la personne.

Aujourd’hui plus que jamais, il convient de rappeler que les droits et libertés protégés par la DUDH – et par le large éventail de textes nationaux qui en ont découlé, comme les chartes canadienne et québécoise – appartiennent à l’ensemble de la population. Ils représentent un contre-pouvoir essentiel permettant de remettre en cause les décisions des titulaires de la puissance publique lorsque celles-ci s’écartent trop de ce qui est nécessaire au bien-être de l’ensemble de la population.

Merci, donc, à des organismes comme la Ligue des droits et libertés, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, la Commission canadienne des droits de la personne, Amnistie internationale Canada francophone et bonne Journée internationale des droits et libertés de la personne à toutes et à tous!

Ce texte est d’abord paru sur le site «Les blogues de Contact» de l’Université Laval. Pour participer à la discussion ou pour consulter les autres billets du site, rendez-vous ici: http://contact.ulaval.ca/blogues/. Les blogueurs conservent l’entière responsabilité des propos tenus dans leurs billets.

Louis-Philippe Lampron est professeur à la Faculté de droit. Détenteur d’un doctorat en cotutelle de l’Université Laval et de l’Université d’Avignon, il s’intéresse entre autres aux droits et libertés de la personne, aux aspects juridiques du pluralisme culturel ainsi qu’au droit public en général.