La colère des courtiers

En réaction au Point de vue «13 000 courtiers immobiliers furieux et mobilisés» de Patrick Juanéda paru le 30 mai.

M. Patrick Juanéda de la Chambre immobilière s’insurge contre la réforme législative en cours concernant le courtage immobilier. Avec raison peut-être, qui sait.

Ce qu’on sait par contre, c’est que la pratique du courtage immobilier est très encadrée, parce qu’il s’agit d’une activité économique sensible où les enjeux financiers sont de taille pour une clientèle qui est plus souvent qu’autrement vulnérable aux écarts de conduite potentiels des acteurs de ce genre d’activités, qui ne sont pas régies par l’Office des professions, étant donnée la nature très particulière de cette activité.

M. Juanéda n’hésite pas à qualifier les courtiers immobiliers de «professionnels». Je veux bien ajouter le terme «professionnel» à leur titre de courtier, si les quelques mois de formation suivie par ses membres les qualifient à y ajouter l’épithète. J’aimerais cependant indiquer à ces gens que suis arpenteur-géomètre et que mon titre de «professionnel», je l’ai acquis au terme de quatre années d’université et de trois examens d’admission à un Ordre professionnel régi par l’Office des Professions.

En tant que «professionnel», je n’ai pas été actif dans le secteur foncier, mais je sais que mes collègues, en réalisant des certificats de localisation, offrent des services pour lesquels jamais ils ne pourraient être rémunérés en fonction du succès ou de l’échec d’une transaction. Ce serait d’ailleurs une faute déontologique de le faire. C’est parce que les gens qui le sont, dans mon esprit et certainement dans celui du législateur et de la population en général, ce sont des vendeurs professionnels.

La vente est une activité noble et j’ai beaucoup de respect pour les gens qui font carrière dans ce domaine qui n’est pas facile et pour lequel la rémunération est souvent aléatoire et irrégulière. Les courtiers immobiliers œuvrent dans la vente. Il s’agit bien sûr d’un secteur de vente complexe et très réglementé, mais tant qu’ils seront rémunérés à la commission, ce sera malheureusement le cas, à moins qu’ils ne deviennent des professionnels. C’est à eux de décider, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

André Verville, Lévis