Les Américains ont pris le relais de la présidence du Conseil de l'Arctique - un poste détenu par le Canada lors des deux dernières années - et affirment qu'ils vont continuer de faire pression pour la réduction des émissions de méthane extrêmement nocives des activités pétrolières et gazières, qui ont plus d'effets de réchauffement climatique que le dioxyde de carbone.

La chute du pétrole doit financer son abandon

Cette semaine, le pétrole est passé en dessous des 45 $ le baril, et Suncor a annoncé un désinvestissement de 1 milliard $ avec la mise à pied de 1000 employés. L'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) a l'intention de laisser le cours s'effondrer jusqu'à 20 $ le baril. Cette situation est une occasion en or pour financer l'abandon du pétrole au Québec.
De 2002 à 2008, le prix du baril a grimpé d'un facteur cinq pour augmenter la valeur de nos importations à 13,7 milliards $ en 2012. À ce moment, le prix du baril oscillait autour de 95 $. Les importations de pétrole du Québec étaient donc d'environ 145 millions de barils.
Avec un prix du baril réduit de 50 %, l'OPEP fait économiser au Québec 7,18 milliards $ en importation grâce à cette guerre de marché qu'elle mène contre les États-Unis, le Canada et la Russie.
Nous ne pouvions pas avoir une plus belle conjoncture pour convaincre le gouvernement du Québec que chaque dollar économisé sur le pétrole importé à moindre coût doit être investi dans l'électrification des transports, la mobilité durable, la conversion des énergies industrielles et la mise en place de notre propre industrie dans ces domaines de pointe afin de créer des emplois durables et des technologies exportables pour des décennies.
Nous devons agir très rapidement avec des politiques, des programmes et des projets pour nous affranchir du pétrole, car le rebond imprévisible du prix du baril à la Bourse risque de faire très mal. Et si le cours ne remonte pas, l'économie mondiale sera en crise.
La période de consultation pour la nouvelle politique énergétique québécoise arrive. Le gouvernement ne cesse de parler d'autonomie énergétique, nous y sommes!
Le physicien Pierre Langlois, spécialiste en mobilité durable, est le conseiller le plus apte à structurer un plan en ce sens afin de mener le Québec vers le XXIIe siècle...
De plus en plus dans les médias, nous lisons ce modus operandi : «Cessons de lutter, passons à l'action avec des solutions!»
Les décideurs sont désemparés sous l'effet des pressions économiques et des lobbys. Mais la véritable influence doit venir de nous, les électeurs. Les politiciens doivent considérer les solutions que nous leur proposons, au risque de perdre des votes au prochain scrutin.
Les regroupements citoyens, les groupes environnementaux et l'industrie doivent concentrer leurs efforts. Ensemble, nous avons la responsabilité de passer en mode solution. Nous devons déposer des rapports de projets avec des analyses économiques de rentabilité et de création d'emplois, des rapports de faisabilité et des dossiers de planification de mise en oeuvre.
Ce sera peut-être difficile, mais nous gagnerons des alliés de l'industrie qui ne demandent qu'à développer cette économie émergente partout dans le monde. Et ces alliés ont déjà dans leur manche des cartes de projets, de rentabilité, de faisabilité et de mise en oeuvre!
Soyons le moteur démocratique citoyen de l'économie de demain et faisons en sorte que le Québec devienne un leader mondial en ce domaine.
Stéphane Brousseau, directeur de recherche B. Sc. Géologie, analyste et architecte en technologies de l'information et des communications, chercheur en architecture sociale durable à l'Institut de recherche en architecture sociale durable, Québec