Quand la Coalition avenir Québec a gagné les élections il y a deux ans, le Québec nageait dans les surplus budgétaires et le nouveau gouvernement était bien décidé à les dépenser, ce qu’il a fait dans son premier budget.
Quand la Coalition avenir Québec a gagné les élections il y a deux ans, le Québec nageait dans les surplus budgétaires et le nouveau gouvernement était bien décidé à les dépenser, ce qu’il a fait dans son premier budget.

La CAQ doit revoir ses priorités

Donald Charette
Donald Charette
Québec
POINT DE VUE / Quand la Coalition avenir Québec a gagné les élections il y a deux ans, le Québec nageait dans les surplus budgétaires et le nouveau gouvernement était bien décidé à les dépenser, ce qu’il a fait dans son premier budget. Le second budget Girard, en mars dernier, prévoyait des dépenses en hausse de 5,1 %. Le Québec était prospère et la préoccupation majeure, c’était la pénurie de main-d’œuvre.

La COVID a tout changé. Le budget s’est autodétruit dès qu’il a été prononcé à l’Assemblée nationale par le ministre Éric Girard. Il faut rappeler, incidemment, que le gouvernement Legault n’y avait prévu aucune réserve pour faire face à une pandémie qui, pourtant, prenait pied au Québec, démontrant une belle insouciance.

On anticipe actuellement un déficit de 15 milliards $ et notre économie a plié les genoux au cours des derniers mois. Des secteurs entiers sont aux abois et risquent de ne pas passer l’hiver. La fermeture des bars et des restaurants devrait coûter, dit-on, 100 millions $ en compensation chaque mois. Le marché des hôtels, des agences de voyages, de l’événementiel, du transport, de l’aviation, de la culture... ressemble à une terre brûlée.

En gouvernement responsable, le gouvernement caquiste doit revoir ses priorités. Où investir? Dans la construction et la rénovation des CHSLD, dans l’embauche et la rétention du personnel dans les foyers, dans la construction et la rénovation des hôpitaux, dans la construction et la rénovation des écoles, dans la constitution d’une réserve de produits sanitaires, dans la modernisation des systèmes informatiques en éducation et en santé, dans des programmes d’aide bien ciblés pour aider les entreprises à garder la tête hors de l’eau.

Où prendre l’argent? Pour tenter de verdir son image, le gouvernement Legault prévoyait en mars distribuer six tramways électriques dans six villes au Québec. Le projet de Québec est plus avancé, mais demeure très impopulaire. Dans les cinq autres villes, les discussions sont embryonnaires. La CAQ devait consacrer 16 milliards $ au transport collectif électrifié.

Le REM à Montréal financé par la Caisse de dépôt (donc par nous indirectement) prend forme. On apprenait récemment qu’il faudra ajouter 600 millions $ pour la station qui relie l’aéroport Trudeau. La prudence commande d’attendre sa mise en service avant d’en faire un bilan.

Il est insensé de jongler avec autant de projets milliardaires alors que la deuxième vague malmène notre économie et nos finances. Dans le cas de la Ville de Québec, je crois qu’il serait plus sage de geler le projet de tramway (3,3 milliards $ — 1,8 venant du Québec) et même celui du tunnel Québec-Lévis (coût inconnu) le temps de laisser passer la tempête qui nous frappe et d’évaluer ses dégâts. Si on est en mal d’infrastructure, on ne manque pas de ponts et de routes à réparer et les retombées seraient locales. Dans la région, la construction du pont de l’Île d’Orléans devrait venir en tête de liste.

Il y a le Québec d’avant la COVID et celui d’après, le gouvernement québécois devrait revoir son plan de match.