La bourse ou la vie?

Je me souviens, lorsque je jouais au Monopoly, à quel point je craignais de m'arrêter sur un terrain où étaient construits une maison et un gros hôtel. À ce moment-là, je devais compter mon argent pour savoir si je survivrais ou si je devrais quitter. Plus le jeu avançait, moins il restait de joueurs, et seuls les plus riches pouvaient espérer la victoire.
Je me souviens, lorsque je jouais au Monopoly, à quel point je craignais de m'arrêter sur un terrain où étaient construits une maison et un gros hôtel. À ce moment-là, je devais compter mon argent pour savoir si je survivrais ou si je devrais quitter. Plus le jeu avançait, moins il restait de joueurs, et seuls les plus riches pouvaient espérer la victoire.
À mon avis, notre monde actuel est à l'image de ce jeu. L'écart entre les riches et les pauvres ne cesse de s'accroître. Nous jouons au Monopoly universel. Je comprends maintenant l'origine du nom de ce jeu: Monopoly vient de monopole.
Il a été démontré durant des décennies que les gouvernements devaient dépenser pour faire rouler l'économie. Aujourd'hui, on vient puiser le maximum d'argent possible directement dans les poches des contribuables, et cela n'est même pas suffisant pour assurer une quantité et une qualité raisonnables de services. On coupe, on coupe et on coupe. C'est donc dire que les gouvernements ne sont plus en mesure de faire rouler l'économie. Au contraire, ces politiques freinent l'économie. L'objectif: déficit zéro.
Qui blâmer?
Au Québec, 40% du budget total de notre gouvernement, est consacré non pas à diminuer la dette, mais uniquement à payer les intérêts sur cette dette.
La question qui tue: doit-on continuer à couper le plus possible pour tenter d'en arriver au déficit zéro? Ou doit-on dépenser plus pour relancer l'économie, en continuant à augmenter la dette?
Tout le monde sait que les banques réalisent annuellement des milliards de dollars de profits, tandis que nos gouvernements accumulent des milliards de dollars de dettes.
Savez-vous que si j'emprunte 100 000 $ d'une banque, elle peut, sur simple attestation de ma dette envers elle, emprunter 100 000 $. Le taux d'intérêt qu'elle devra payer alors sera le taux de base fixé par la Banque du Canada, soit actuellement 1%.
Les sommités du monde des finances ont été formées suivant le modèle présentement appliqué, et ça ne fonctionne pas. Peut-on compter sur eux pour réformer le système? Actuellement, la réponse est non.
Je suis un néophyte dans le monde des finances, mais je sais que notre système nous plonge dans une situation de capitalisme sauvage.
Maintenant que nous avons une banque mondiale, ne serait-il pas possible qu'annuellement les gouvernements puissent emprunter de cette banque, sur reconnaissance de leurs dettes, une certaine somme d'argent limitée, et accordée selon des critères à déterminer, au même taux que les banques?
Cela pourrait permettre au gouvernement non seulement d'atteindre le déficit zéro, mais aussi de diminuer la dette, ce nouvel argent devant obligatoirement servir à cette fin. Il serait logique que la dette extérieure soit d'abord visée. La somme des intérêts diminuant annuellement, la situation ne pourrait que s'améliorer constamment.
Quelles sont les priorités? Accentuer l'écart entre les riches et les pauvres? Ou permettre à la population de vivre décemment?
Est-ce que l'on devra attendre que les multinationales ne puissent plus vendre leurs produits parce que les citoyens seront ruinés?
Je suis peut-être méchant mais, si cela se produisait, je suis assuré qu'une solution magique surgirait instantanément de Wall Street.
Autrefois on nous offrait le choix: la bourse ou la vie? Aujourd'hui on n'a plus le choix, c'est obligatoirement la bourse.
Benoît Thibault, Québec