«La biométhanisation demande un investissement important au départ, mais se rentabilise au fil des ans», écrit l'auteure de cette lettre d'opinion.

La biométhanisation, le bon choix pour Québec

En réaction au Point de vue «La biométhanisation n’est pas l’unique option» du Mouvement pour une ville Zéro-Déchet paru le 26 avril

Le biométhane est à la fois la source d’énergie renouvelable — et de compost — la plus intéressante, la moins connue et la plus difficile à expliquer. Alors qu’elle est exploitée avec succès dans bien des pays européens dont l’Allemagne, la Suède, la France, mais également en Chine et au Vietnam, le développement de la filière au Québec se heurte constamment à divers problèmes. L’une des raisons est son caractère innovateur, une autre les avantages multisectoriels et une troisième, sa compétition avec l’industrie du compost, incluant les problèmes créés par des sites mal gérés et les nombreux problèmes liés au bac brun.

En choisissant la biométhanisation avec collecte par sacs, la Ville de Québec a justement fait le bon choix : en plus de réduire l’impact environnemental et social d’un troisième bac et d’un troisième camion, la biométhanisation permet d’acquérir du compost aseptisé et du gaz naturel en remplacement du gaz naturel fossile. Contrairement au gaz naturel fossile dont l’extraction est fortement problématique, la biométhanisation permet d’éviter les émissions de méthane des sites d’enfouissement et des sites de compost. Comme le démontre Steve Savage dans son article Applied Mythology, les émissions de méthane existent bel et bien dans des sites de compost et celles-ci ne sont pas contrôlées alors que les sites de biométhanisation capturent le gaz volontairement.

Pour avoir suivi le dossier de Québec depuis ses débuts, je suis étonnée de lire qu’il n’y aurait pas eu amplement d’information et de consultations. Et contrairement à ce qui est affirmé dans la lettre d’opinion, la technologie de biométhanisation des déchets de table est mature surtout lorsqu’utilisée conjointement avec les boues municipales. La biométhanisation demande un investissement important au départ, mais se rentabilise au fil des ans. Québec pourrait toutefois innover en créant des projets citoyens avec Limoilou pour utiliser le compost et le biométhane. Histoire que les gens se réjouissent d’un tel projet plutôt que de le rejeter pour diverses raisons plus ou moins justes.