Les révélations sur des actes de pédophilie commis par le cinéaste Claude Jutra, ici vers 1970, ont ébranlé le monde artistique.

La 33e, la 34e...

Quand on sait combien sont adulés les gens de scène, de théâtre et de cinéma dans ce monde artistique québécois, je sais qu'il y a des coeurs qui saignent, hommes comme femmes, dans Montréal et un peu partout devant cette espèce de mise à mort d'un cinéaste déjà disparu depuis longtemps.
Non seulement lui, Claude Jutra, mais toute sa famille plus les rues et boulevards portant son nom! En fait ce coup-là fait très mal au Monde Artistique dont le Québec est si fier.
Né à Paris il y a fort longtemps, je suis arrivé à Montréal pour un travail à Expo 67 au pavillon de France.
Par la suite, ayant choisi de rester au pays, j'ai travaillé dans la restauration de nuit à Montréal. Du spécial à l'époque!
J'y ai vu défiler la nuit tous les grands cinéastes et acteurs comme metteurs en scène et aussi plein de personnel de Radio-Canada.
Du monde le coeur sur la main. Certains ayant entendu mon accent me disaient : «Oh! Vous êtes français et de Paris! Notre deuxième capitale après Québec!» Et ils me donnaient des tips royaux, en me disant : Tiens le Français! si cela peut t'aider à devenir un bon Québécois! Ce sont des choses que l'on n'oublie jamais! Je suis devenu effectivement un très bon Québécois, et j'ai fondé ici une belle famille québécoise. Mais ayant connu ce monde d'artistes en tous genres, qui se soutiennent tellement, je sais que cela leur fait très mal. Ne pas confondre avec concombre, cet écrit n'est pas une excuse à la pédophilie.
Mais si Paris devait enlever les noms des rues portant le nom de grands hommes, rois comme présidents et artistes de son Histoire vaguement connus comme aussi pédos, il serait mieux de faire comme à New York, la 33e, la 34e, etc...
Philippe Édouard Damiens, Québec