La 52e finale des Jeux du Québec avait débuté le 24 février dernier à Alma.

Jeux du Québec: quand nos médias boudent la jeunesse

Samedi dernier se terminait la 52e finale des Jeux du Québec à Alma. Une célébration sportive d'ampleur qui, durant 10 jours, a réuni plus de 3000 jeunes athlètes de toutes les régions du Québec, mobilisé des milliers de bénévoles, dans une ville qui s'y préparait depuis bientôt trois ans. Les Jeux s'étaient ouverts le 24 février dernier, dans une cérémonie haute en couleur à laquelle assistaient d'ailleurs le premier ministre Philippe Couillard ainsi que le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx.
Pourtant, à l'exception du réseau RDS qui présentait des capsules quotidiennes, la couverture nationale (québécoise) de l'évènement par nos grands médias a été quasi inexistante. Seuls les médias régionaux ont rapporté les succès de leurs délégations respectives, comme s'il s'agissait d'un évènement uniquement régional.
Hormis au Saguenay Lac-Saint-Jean, région hôte, pas un mot sur les cérémonies d'ouverture et de clôture dans les grands quotidiens, pas l'ombre d'une petite mention au Téléjournal de Radio-Canada, ni même en toute fin, dans le segment sport où, le soir de l'ouverture, on à préféré diffuser un reportage sur... l'entraînement du Canadien de Montréal. 
Est-ce donc là la mission de notre diffuseur public, suivre les entraînements du Canadien? N'est-il pas choquant, et profondément attristant, de constater qu'aux yeux des médias nationaux, ces jeunes espoirs ne méritent pas leur petite heure de gloire? Alors qu'on nous diffuse tant d'inepties? Qu'on nous relaye en grande pompe le moindre tweet du président voisin? Pendant qu'on doit se «farcir», tempête de neige après tempête de neige, les mêmes sempiternelles images de quidams déblayant leurs voitures? Quand on n'a de cesse de nous faire la morale sur l'importance de la tolérance, de l'harmonie, de l'ouverture, un évènement si rassembleur n'est pas digne de mention? 
Peut-être faudra-t-il attendre quelques années, lorsque deux ou trois de ces jeunes athlètes décrocheront une médaille olympique, pour daigner leur accorder un peu de ce précieux temps d'antenne. À ce moment-là, quand nos journalistes meubleront d'incalculables heures à nous faire rêver de «podiums», certains partiront en quête d'images d'archives illustrant les débuts de nos nouveaux héros. Qui sait... peut-être devront-ils alors faire un détour dans le temps, pour prendre enfin la route d'Alma 2017? 
Virginie Hébert, Rimouski