Elizabeth May

Je voterai pour Elizabeth May

POINT DE VUE / Pourquoi? Non elle ne gagnera pas. Je voterai May parce qu’Elizabeth May a la vocation et que cette vocation, s’appuyant sur les voix que tous ceux qui sentent la soupe chaude lui consentiront, obligera l’Histoire.

On ne change pas la base d’un mets en ajoutant année après année les condiments du jour afin de plaire au plus grand nombre, sans remise en question et sans se préoccuper de la nocivité à plus ou moins long terme de celui-ci. May a une autre idée pour cette base dont dépend tout le système économique actuel. Il y aura, à ce que je pense, dans un monde de communication et d’information sans cesse croissant, passablement de citoyens pour apprécier sa recette et ainsi l’aider à ébranler les colonnes du temple par trop mercantilistes, quitte à en payer le prix. Ne vaut-il pas mieux rouler à bicyclette dans l’air pur matinal que de se farcir des balades en limousine, dans un crachin de méthane?

Elizabeth May parle avec le cœur d’une mère dont seulement les talons la retiennent en haut de la falaise de notre décrépitude. Elle le crie. Autrefois, on se berçait après l’orage des élections, en se disant que, rouges ou bleus, les élus s’occuperont bien de la complexité des choses économiques et politiques, afin d’assurer le nécessaire à la sauvegarde et la continuité de son bien-être relatif. Trudeau dit qu’on avance, mais sur les planches ternies et brinquebalantes d’un carrousel. En fait, nonobstant sa sincérité et sa bonne volonté, il fait du surplace, alors que le manège aux rouages englués de vieilles traditions socioéconomiques, toussote en rond en attendant les «repair parts» qui ne viennent et ne viendront pas. 

Une transition s’impose et c’est en s’appuyant sur les convictions d’une importante partie de la population qui commence à en avoir mare des sempiternelles tergiversations qu’Elizabeth May pourra contribuer à l’amorcer, la consolider, la promouvoir et aussi à nous faire avancer. Mais cette fois à l’avant-garde.