La candidate à la direction du Parti québécois, Véronique Hivon.

Je suis fédéraliste, mais...

Je l'avoue humblement, je me définis encore et avec conviction comme fédéraliste. Pour le moment, je considère que le projet d'indépendance tel qu'on nous le présente n'est qu'un mirage.
Dans l'argumentaire péquiste actuel, rien ne nous fait la démonstration que nos enfants et petits-enfants y gagneraient si nous quittions le Canada. En quoi nos liens avec le Canada nous empêchent-ils de vivre notre culture, de parler et de défendre notre langue, de contrôler notre immigration, de négocier nos ententes commerciales avec nos voisins, d'offrir une terre d'accueil positive et sécurisante aux capitaux étrangers, etc.? Pour le moment, le projet est un plongeon sans filet dans l'inconnu, surtout si les adversaires de Mme Hivon à la course à la chefferie l'emportent. La mécanique, le référendum avant le contenu.
L'option de la séparation m'appartient à moi aussi. Aujourd'hui, je suis fédéraliste mais pas borné. Si un argumentaire solide, honnête, sans partisanerie et appuyé sur des faits avérés me faisait la démonstration que notre appartenance au Canada devenait négative et un frein à notre développement socioculturel et économique et que seule la séparation serait porteuse d'un progrès collectif, bien sûr que j'y adhérerais.
C'est pourquoi j'ai trouvé le discours de Mme Hivon, lors de son entrée dans la course à la chefferie, très rafraîchissant et porteur d'espoir. J'y ai reconnu une grande sensibilité aux vrais enjeux et un grand respect de l'intelligence des citoyens en insistant sur la priorité de parler du contenu du projet souverainiste et non pas de mettre de l'avant la mécanique référendaire. Les citoyens ne voteront jamais pour un projet mal ficelé, beaucoup plus basé sur le sentiment et la vanité que sur une démonstration par des faits de la rentabilité de l'accession à l'indépendance.
Je souhaite que Mme Hivon demeure authentique et bâtisse son leadership sur son honnêteté intellectuelle, sa sensibilité, sa patience et sa rigueur. Je souhaite que, pour une fois, le parti québécois se donne un chef ou une chef réunissant ces qualités, car ce sont les seules, à mon avis, capables de provoquer l'adhésion des citoyens à un projet qui demeure légitime. Rappelons-nous le proverbe : «Patience et longueur de temps valent mieux que force et que rage».
Jean-Claude Pelletier
Lévis