L'auteur de la lettre dénonce l'inconscience et l'imprudence de plusieurs cyclistes.

Je suis cycliste, mais...

Québec, mercredi le 19 juillet 2017, vers 6h45, à l'intersection de la Canardière et des Capucins, quatre cyclistes ont brûlé un feu rouge pour battre je ne sais quel record de vitesse pour se rendre au travail. Ma patience s'est anéantie à la vue de cet autre témoignage d'inconscience sauvage.
Après mon mandat à titre de député de Beauport-Limoilou, j'ai retrouvé le plaisir et la liberté d'être un cycliste au quotidien. J'ai d'ailleurs converti mon bon vieux Edoardo Bianchi à l'électricité en posant un système BionX l'été dernier. Mais ce plaisir est gâché par la bêtise et l'irrespect que je vois quotidiennement.
Ce même matin, circulant sur la 4e Avenue, j'ai fait mon arrêt obligatoire à l'intersection de la Sapinière-Dorion. Un brave chauffeur de taxi qui tournait à gauche, et qui avait la priorité, a sauté sur ses freins en me voyant même si j'étais immobile. Je le comprends, il ne voulait pas passer sur le corps d'un fou du guidon! Ceci dit, ce n'est pas le premier automobiliste qui commet une manoeuvre préventive en ma présence.
Je prends cela comme une insulte, et j'accuse une bonne partie de mes collègues cyclistes de provoquer ces réactions chez les autres utilisateurs de la route.
La mort de Nicky Hayden, le 17 mai dernier en Italie, a gonflé une indignation que je ne contiens plus depuis des mois. Apparemment, ce coureur motocycliste n'a pas respecté un arrêt obligatoire, possiblement distrait par son iPod alors qu'il circulait à vélo.
Hayden représente bien cette harde de trompe-la-mort qui hantent nos routes, nos pistes cyclables et nos trottoirs. Je ne saurais dire s'ils sont 30 %, 40 %, 50 % ou 60 % de l'ensemble des cyclistes. Mais ils causent beaucoup plus de désordre que les autres utilisateurs de la route, malgré leur petit nombre.
Je ne comprends pas pourquoi le vélo, qui est un moyen pratique et relaxant de se déplacer, fait perdre la tête à autant de gens. Je rêve d'un matin en route vers le boulot, une balade de 30 minutes, où je ne verrai pas d'actes de folie cycliste. C'est arrivé certainement, mais c'est tellement rare, et probablement trop loin dans le passé. J'ai oublié.
Raymond Côté, cycliste du quotidien, Québec