Je suis contre le projet de tramway et je m’explique

POINT DE VUE / Le tramway va paralyser la ville de Québec durant sa construction et surtout après son implantation, comme le confirme «l’Étude d’impact sur les déplacements» dévoilée la semaine dernière par le bureau de projet dit «structurant». On y explique que le tramway va créer des goulots d’étranglement pour les automobilistes à travers toute la ville alors qu’on devra considérer, eh oui, bannir le camionnage au centre-ville!

Au passage, il faudra revoir le schéma de couverture des pompiers et des ambulanciers qui ne pourront pas franchir la dalle de béton du tramway.

Le fait de ne pas pouvoir tourner à gauche sur 148 intersections constitue une entrave majeure. Le document de 266 pages confirme qu’une pression énorme sera exercée sur les rues limitrophes au tracé du tramway ou du trambus dans Saint-Roch, Montcalm, Limoilou et Sainte-Foy. Notons les rues de la Couronne, Holland, Duchesneau, des Cèdres, Sasseville, de l’Église.

À la page 187 de cette étude, on reconnaît que «la dégradation de la circulation pourrait irriter les résidants dans certaines rues». Le cas de la jonction Holland-côte Saint-Sacrement est patent : un taux de saturation de 244 % et sept minutes de plus le matin pour franchir 1,4 km! Un automobiliste mettra 21 minutes de plus pour relier Honoré-Mercier et Prince-Édouard.

Le camionnage sera durement affecté, notamment celui qui entre en ville par Laurentien, car les poids lourds ne pourront plus tourner à gauche sur de la Couronne. À la page 183, on écrit au sujet des camions «une interdiction de circulation pourrait être envisagée comme piste de solution», rien de moins.

Rappelons que 1241 places de stationnement disparaîtront le long du tracé alors que 711 seront «remplacées ou compensées». Les ingénieurs semblent tenir pour acquis que tous les citoyens de Limoilou ou Montcalm ont un stationnement privé.

Le caractère improvisé du projet est appuyé par un «État de situation» qui affirme qu’il faut «revoir le concept d’insertion latérale du tramway pour faciliter le bouclage des rues de la Couronne et de la 1ere Avenue, revoir le concept d’aménagement de la rue Dorchester». Le pied de la côte d’Abraham sera un point chaud avec une seule voie automobile.

On peut craindre en outre un gouffre financier. La part de la Ville établie à 300 millions$ est déjà défoncée. Le maire Labeaume a admis, du bout des lèvres, que cela ne couvrait pas la réfection de Hochelaga, le pont sur Mendel, les compensations pour les commerçants, la reconstruction des viaducs du CN et du MTQ, le nouveau pont Drouin.

Les informations disponibles convainquent qu’il serait préférable de creuser une ligne de métro qui couvrirait moins de territoire (23 km), mais qui éviterait d’éventrer les artères centrales pendant des mois et de couper la ville en deux. Mettons dans la balance les coûts de déneigement, d’entretien et de durée de vie. Un métro est plus cher au départ, mais plus simple et plus durable et il ne défigurerait pas Québec.

Avec sa chorale de conseillers municipaux, le maire Labeaume précipite les choses. Il peut dépenser trois milliards $ pour un projet qu’il a toujours combattu avant de l’imposer, sans consultation, aux contribuables de Québec.

Les gouvernements supérieurs, qui ont allongé notre argent, devraient se mêler du dossier avant d’atteindre le point de non-retour.