L'auteur de cette lettre d'opinion déplore la reconnaissance du Canada de Juan Guaido (au centre) comme président du Vénézuéla.

Je ne reconnais plus mon Canada

Ce qui constitue à mon sens la pertinence et la raison d’être du Canada, c’est entre autres sa politique étrangère, le plus souvent libre, progressiste et distincte de celle des États-Unis. Et historiquement, c’est plus notable sous des gouvernements libéraux, comme celui de Justin Trudeau.

Malheureusement, deux évènements récents tendent à contredire cette tendance. D’abord, cette reconnaissance invraisemblable d’un président autoproclamé du Vénézuéla, un certain Juan Guaido, âgé de 35 ans. Le gouvernement Trudeau s’est empressé, de façon irréfléchie, de singer la décision de M. Trump, alors que M. Nicolas Maduro (un exécrable président, en passant) a été élu démocratiquement jusqu’à preuve du contraire. Depuis quand le Canada appuie-t-il des présidents autoproclamés, juste pour faire plaisir aux États-Unis?

Le deuxième incident concerne le différend actuel avec la Chine. Quel crime a donc commis Mme Meng Wangzhou, directrice financière et fille du fondateur de Huawei, le géant chinois des télécoms, pour être arrêtée à Vancouver et menacée de déportation aux États-Unis? Réponse, que la plupart des gens ignorent : aucun! Et les Chinois ont tout à fait raison d’être en colère, même si leurs réactions sont disproportionnées et injustes. C’est qu’en faisant affaire avec l’Iran, Huawei aurait contourné les sanctions américaines, sanctions tout à fait injustifiées résultant de la décision de M. Trump de déchirer unilatéralement un traité avec l’Iran, signé avec les États-Unis et l’ensemble des pays occidentaux. De façon hypocrite, le gouvernement canadien dit que l’affaire relève des tribunaux et qu’il ne peut s’en mêler. Mais le problème est bien politique et il y a toujours un moyen de lancer un message à ces juges, qui seraient bien avisés de libérer la dame en question, punie non en raison de ses agissements personnels, mais en raison du seul mépris de M. Trump de respecter les traités signés.

Christan Feuillette, Montréal, Ex-candidat du parti libéral du Canada