«Un groupe important de personnes âgées, soit les 28 000 cadres retraités (santé et services sociaux et autres) et leurs conjoints survivants, dont la moyenne d’âge est de 74 ans» se sont butés à l'«insensibilité» du gouvernement de la CAQ, écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

Insensibilité à plusieurs visages

POINT DE VUE / Le gouvernement de la CAQ s’est fait reprocher récemment son insensibilité dans le dossier de l‘expérience québécoise et de l’immigration. Cela a semblé étonner certaines personnes, comme si c’était un fait isolé dans cette gouvernance.

D’autres groupes de la société se sont butés à la même insensibilité, sans que cela fasse la manchette. C’est notamment le cas d’un groupe important de personnes âgées, soit les 28 000 cadres retraités (santé et services sociaux et autres) et leurs conjoints survivants, dont la moyenne d’âge est de 74 ans.

Rappelons d’abord qu’en 1997, le gouvernement s’avouant incapable d’augmenter décemment les salaires de ces personnes, il a été convenu par une loi que le régime de retraite du personnel d’encadrement offrirait des conditions de retraite plus avantageuses dès sa mise en place en 2001. 

Mais en 2017, ce régime de pension a été modifié unilatéralement à la baisse par le gouvernement Couillard en abolissant toute indexation des prestations de retraite de 2018 à 2023 et en décidant que par la suite, le taux d’indexation serait réduit de moitié. 

Si l’indexation est généralement d’environ 2 % par année, cela devient alors le taux du manque à gagner annuel de ce personnel durant au moins six ans, à un moment de leur vie où ils sont plus souvent confrontés à des problèmes de santé et aux déboursés conséquents.

Vers la fin du gouvernement Couillard, la CAQ avait pris parti contre cette décision inique des libéraux, mais il semble bien que M. Legault a oublié la devise du Québec, car il ne semble plus maintenant disposé à faire cesser cette austérité qui affecte un nombre important de retraités québécois au moins jusqu’à 2023 (et dans une moindre mesure dans les années suivantes).

Plusieurs élus de la CAQ ont été sensibilisés à cette iniquité qu’ils dénoncèrent eux-mêmes jadis, mais il semble bien qu’on assiste à un émoussement généralisé de leur sensibilité et à un accès de surdité gouvernementale face à la trahison par l’état de ses quelque 28 000 cadres retraités.

François Legault et Christian Dubé auraient peut-être intérêt à corriger le tir s’ils veulent éviter que cela rebondisse un jour dans la colonne des passifs de leur gouvernement. 

L’insensibilité, quand elle s’institutionnalise, ce n’est jamais payant pour un gouvernement.