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«S’en va-t-on vers une nouvelle forme de cercle vicieux vaccinal où il faudra un constat fort et intense de danger pour qu’une population accepte le vaccin?», se demande l'auteur de cette lettre.
«S’en va-t-on vers une nouvelle forme de cercle vicieux vaccinal où il faudra un constat fort et intense de danger pour qu’une population accepte le vaccin?», se demande l'auteur de cette lettre.

Inquiétante impopularité du vaccin au Nouveau-Brunswick

André Verville
André Verville
Lévis
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POINT DE VUE / Conséquence inattendue du faible taux de contagion de la COVID-19 dans cette province, les échos que je reçois de ma fille qui habite au Nouveau-Brunswick sont peu encourageants quant à l’intention de plusieurs de ses citoyens de se faire vacciner. Une entreprise qui a fait des démarches justifiées, étant donné la grande mobilité de sa main-d’oeuvre, pour que ses employés se fassent vacciner en priorité, a apparemment fait face à un taux de refus impressionnant dont je n’ose même pas donner le chiffre tellement il était élevé.

À l’exception de la région d’Edmundston, on dirait que le peu de connaissances infectées, malades ou décédées porte les gens à croire, soit que leur système immunitaire est plus fort, soit que leurs pratiques de distanciation et de protection sont plus efficaces, alors que ce n’est que le faible taux d’introduction du virus dans la province qui les a épargnés jusqu’à maintenant. Les risques très médiatisés associés au vaccin AstraZeneca ont par ailleurs exacerbé l’effet dissuasif en diabolisant pour certains le processus vaccinal.

Le problème, c’est qu’un jour ou l’autre, le Nouveau-Brunswick devra se résoudre à rouvrir ses frontières avec le reste du pays. Et quand il le fera, si le pourcentage de sa population vaccinée est trop bas, la COVID-19 risque d’y réapparaître un peu partout. Paradoxalement, les autorités sanitaires de la province pourraient devoir retarder cette réouverture s’ils constatent un manque de conviction de sa population quant à la nécessité de se faire vacciner, sachant trop bien le risque que ça représente. S’en va-t-on vers une nouvelle forme de cercle vicieux vaccinal où il faudra un constat fort et intense de danger pour qu’une population accepte le vaccin, constat qui ne pourra être atteint qu’au coût de vies humaines et d’exemples concrets de connaissances malades ou décédées dans l’entourage immédiat de chacun et chacune?

Cette autre forme de «COVID longue» risque peut-être d’atteindre certaines régions du Canada dans lesquelles, pour de multiples raisons, la population n’a pas la même perception du danger que représente le virus de la COVID-19. Ce sera à suivre.