Selon la Ville, en décembre 2020, tous les fours de l’incinérateur seront équipés de brûleurs au gaz naturel pour enrayer les dépassements en monoxyde de carbone.

Incinérateur: pourquoi un tel acharnement?

En réaction au Point de vue «CHU de Québec et vapeur d’une usine polluante» de M. Jean-Yves Desgagnés paru le 4 mars

Encore une fois, et bien qu’il soit très informé sur les actions faites par la Ville, Jean-Yves Desgagnés véhicule des notions erronées en lien avec l’incinérateur. Cette fois-ci, il adopte l’angle du projet de vente de vapeur du nouveau centre hospitalier universitaire de l’Enfant-Jésus. Il se sert d’un projet à valeur environnementale pour reprendre ses habituels arguments dans l’objectif de faire fermer l’incinérateur.

La Ville a pourtant été claire sur ce sujet : l’incinérateur demeurera en fonction. Il représente un élément important dans une synergie d’équipements qui contribueront, à terme, à la réalisation de plusieurs projets de réduction de gaz à effet de serre et de valorisation des matières résiduelles :

- biométhanisation des matières organiques;

- production de gaz naturel renouvelable;

- production de digestat et de sulfate d’ammonium;

- utilisation de la vapeur excédentaire pour répondre aux besoins en énergie de l’hôpital de l’Enfant-Jésus;

- utilisation actuelle de vapeur pour répondre aux besoins d’entreprises à proximité (Glassine et White Birch).

M. Desgagnés devrait plutôt se réjouir que ces projets permettent éventuellement d’améliorer la qualité de vie des résidents de Limoilou en réduisant les émissions de GES. Il devrait comprendre que les avis reçus de la Direction de la santé publique et de la Chaire écoconseil de l’Université du Québec à Chicoutimi confirment que l’incinérateur amélioré grâce au plan d’action actuellement mis en œuvre sera un atout pour son quartier lorsque tous ces projets seront réalisés.

Notre plan d’action pour améliorer la performance de l’incinérateur se déroule selon l’échéancier prévu. L’installation des distributeurs de charbon actif a eu l’effet escompté. Depuis leur mise en fonction, il n’y a eu aucun dépassement en dioxine, en furanes et en mercure. Seuls les dépassements en monoxyde de carbone (CO) sont encore présents, mais cela s’explique. Comme nous l’avons souvent mentionné, les dépassements en CO sont dus à une mauvaise combustion. La solution est de maintenir la température à un degré optimal. L’installation des brûleurs au gaz naturel viendra compenser les pertes de chaleur occasionnées entre autres par la neige et la pluie. Déjà, le four numéro 1 est équipé de brûleurs et nous constatons les résultats positifs. En décembre 2020, tous les fours seront équipés de brûleurs et les dépassements en CO seront derrière nous.

M. Desgagnés demande la mise en place de deux centres de tri avant incinération. La Ville de Québec a fait le choix de sensibiliser la population et a mis en place des infrastructures pour récupérer ces matières. Elle possède déjà un centre de tri de recyclage de haute technologie qui permet d’atteindre un taux de valorisation de 97 % des matières reçues. De plus, la Ville a élargi l’accès aux écocentres en offrant la gratuité sans limites de quantité dès l’automne 2018. Il ne parle pas des huit écocentres mobiles qui ont été déployés au printemps et à l’automne 2019 dans les quartiers centraux pour accommoder les personnes qui ne peuvent se déplacer vers les écocentres. Il ne tient pas compte des efforts de sensibilisation qui ont été faits avec la campagne publicitaire Ça va là! pour mieux informer les citoyens sur les matières qui ne vont pas à l’incinérateur.

Les résultats de ces actions sont déjà mesurables :

- 31 % d’augmentation des visites à l’écocentre;

- 77 % d’augmentation des résidus domestiques dangereux dans les écocentres, soit 220 tonnes détournées de l’incinérateur;

- 3 % moins de matières envoyées à l’incinérateur;

- 4 % plus de matières envoyées au centre de tri;

- 18 % de réduction des émissions de GES de l’incinérateur.

En faisant fi des actions que la Ville met en place, en présentant la situation en oubliant volontairement de grands volets dans ses explications, M. Desgagnés discrédite son propos. Pourquoi cherche-t-il ainsi à inquiéter ses concitoyens? Pourquoi ne pas reconnaître que les émissions en CO qui demeurent encore à diminuer à l’incinérateur ne sont pas plus dommageables que ce qui s’échappe des voitures? Pourquoi un tel acharnement sur l’incinérateur? Pourrait-il regarder avec nous vers l’avenir et saluer les efforts qui sont faits plutôt que de chercher à les saboter? En tant que porte-parole du Mouvement pour une ville zéro déchet, M. Desgagnés ne devrait-il pas plutôt poser des gestes qui appuient la Vision 2018-2028 pour une saine gestion des matières résiduelles de la Ville dont l’objectif est d’atteindre un taux de valorisation des matières résiduelles de 82 %?