À l’Île-du-Prince-Édouard, les citoyens ont été convoqués à un référendum demandant l’appui populaire pour renouveler le mode de scrutin.

Il n’y a pas que le référendum pour être entendu

POINT DE VUE / Au Canada ces derniers mois, les citoyens–nes de la Colombie-Britannique et de l’Île-du-Prince-Édouard ont été convoqués à un référendum demandant l’appui populaire pour renouveler le mode de scrutin dans ces provinces. Ici, au Québec, cette consultation est aussi invoquée comme si ce moyen était l’ultime pour obtenir l’appui du peuple sur des enjeux fondamentaux de nos sociétés.

Mais tout d’abord, rappelons-nous que les Québécois et Québécoises ont déjà été consultés sur le mode de scrutin en 2003 lors des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques. 

Le comité directeur a parcouru la province et entendu près de 2500 personnes lors d’assemblées publiques. Aussi, 825 personnes se sont jointes aux audiences de clôture de ces États généraux et 247 mémoires ont été déposés durant le processus. Dans son rapport Prenez votre place, la participation citoyenne au cœur des institutions démocratiques québécoises on peut lire que «les citoyennes et citoyens disent et redisent que la réforme la plus urgente, parce que la plus significative sur le plan de l’expression de la souveraineté populaire, est celle du mode de scrutin. S’il n’en fallait qu’une, ce serait celle-là.»

En 2006, pour une première fois dans le cadre de travaux parlementaires, un comité citoyen assiste de façon non partisane et sur une base consultative à la réalisation du mandat de la Commission spéciale sur la loi électorale (CSLE). Celle-ci a pour mission de prendre avis auprès de la population québécoise sur le système de vote dans la foulée de l’avant-projet de loi déposé en 2004 par le gouvernement Charest et de donner une voix à l’électorat en complément des élus-es. Ce comité citoyen dans son rapport «Votre voix est fondamentale» mentionne dans les recommandations annoncées incontournables : «il apparaît clairement qu’un mode de scrutin mixte compensatoire serait le mieux à même de répondre aux principes énoncés».

Maintenant, prenons l’exemple brûlant d’actualité, le débat sur la laïcité. N’aurait-il pas été plus sage pour le bien commun du Québec que nos gouvernements exécutent les propositions du rapport Bouchard-­Taylor lors de son dépôt en 2008 et qui est le résultat de l’une des plus belles délibérations de notre démocratie contemporaine? Que de déchirements aurions-nous évités! C’est un cri du cœur que je lance! Quand nos élus-es entendront-ils le peuple? Devrons-nous aussi, au Québec, sortir massivement dans la rue? J’en veux à nos gouvernants-es qui nous consultent et «tablettent» ensuite les comptes-rendus. C’est un déni de démocratie.