Baie-Saint-Paul 

Il n'est jamais trop tard pour bien faire l'histoire

En ce 150e du Canada, il faut reconnaître aux diverses administrations municipales de Ville Baie-Saint-Paul de ne pas avoir détruit l'édifice du Centre Culturel offert à cette municipalité par le gouvernement fédéral à l'occasion du Centenaire du Canada en 1967. À La Malbaie, par exemple, et dans bien d'autres municipalités québécoises, ces bâtiments à l'architecture novatrice marquant une date de notre histoire ont malheureusement été détruits.
Mais pourquoi ne pas reconnaître, en célébrant le 50e anniversaire de ce bâtiment préservé à Baie-Saint-Paul, l'importance du Centre d'art qui a existé en ces lieux sans lequel cet édifice serait peut-être disparu? En effet, sans la remarquable administration de Françoise Labbé (1933-2001) et les nombreux investissements effectués durant les années où le Centre d'art (soit pendant plus de 25 ans de 1975 aux années 2000!) logeait dans ce bâtiment est-ce qu'il aurait été conservé? Probablement pas et pourtant pas un mot suite à la fête du 50e de ce Centre Culturel sur l'apport du Centre d'art et de Françoise Labbé. C'est bien triste...
Le bâtiment est plutôt nommé en l'honneur de l'écrivain-prêtre Paul-Médéric (1918-1999) dont la carrière discutable n'a aucun lieu avec ce bâtiment. Ou encore du Festival Folklorique tenu là durant les années 60-70 qui fut un succès, mais aussi un échec répété plus tard avec la disparition de la Fête Foraine durant les années 80 et que les promoteurs culturels actuels de Baie-Saint-Paul devraient méditer. Le Centre d'art fut un succès financier reconnu même par des experts financiers durant les années 90 et pourtant la Ville de Baie-Saint-Paul y a mis fin. Comme c'est étrange...
Pour tout dire, cet édifice devrait porter le nom de Françoise Labbé. Cela aurait du sens. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. L'histoire est longue parfois à faire justice à la vérité. Je ne désespère pas que Françoise Labbé soit un jour reconnue clairement en lien avec l'édifice dont elle a si chèrement défendu l'existence.
Serge Gauthier, Ph.D., Président de la Société d'histoire de Charlevoix