Les travaux à l'îlot Dorchester, avant la période des Fêtes.

Il faut protéger nos trésors archéologiques

En réaction au texte «Îlot Dorchester : aucun site archéologique, selon le ministère de la Culture», paru le 4 janvier

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À la lecture de la controverse du site archéologique sur l’îlot Dorchester, la problématique que soulève le professeur Réginald Auger est à l’effet qu’aucune législation ne régit le patrimoine au Québec, et que ce vide juridique n’a jamais été une préoccupation au Québec.

Dans les années 60 et 70, avec le Centre des études universitaires de Trois-Rivières, nous faisions de la fouille archéologique ainsi que des prospections sur des terrains «privés» dans les régions de Lanaudière, de la Mauricie ainsi que de Lotbinière. Trop souvent, c’était le propriétaire lui-même qui, de bouche à oreille, signalait la présence d’artéfacts sur ses terres.

Beaucoup de ces artéfacts nous conduisaient, effectivement, vers des indices sérieux d’habitations soient de peuplades nomades très anciennes ayant eu des activités de pêche et de chasse le long des rives du fleuve, de rivières ou de lacs.

Or, compte tenu de l’absence de législation du patrimoine à cette époque, le C.E.U. de Trois-Rivières devait négocier à chaque fois avec le propriétaire du site pour un accès à sa propriété ainsi que pour la durée des travaux à exécuter. Dans bien des cas, ces sites étaient voués à des vocations commerciales comme la construction de terrains de golf, de terrains de camping ou encore à des cultures maraîchères.

On a même été contraint de céder nos recherches à une équipe d’archéologues américains, sur le bord de la rivière Saint-­Maurice (en face du site historique Les Forges du Saint-Maurice) afin d’accélérer les travaux, car le propriétaire avait fait des pressions auprès du gouvernement québécois pour mettre fin aux fouilles; on n’a jamais retrouvé les artéfacts découverts par l’équipe américaine.

Alain Boisclair, Lévis