«En séparant les contenants à la source, on réduit de façon draconnienne le taux de contamination des matières résiduelles, car on évite alors les bris et les mélanges», écrivent plusieurs élus municipaux.

Il est temps de moderniser la consigne!

La crise du recyclage qui a sévi en 2018 a entraîné plusieurs répercussions pour les municipalités du Québec. Dans son sillage, certains centres de tri ont déclaré faillite, ce qui a forcé les villes à trouver des solutions rapidement pour éviter d’envoyer des matières recyclables à l’enfouissement.

De plus, d’autres centres de tri ont exigé une réouverture des contrats afin d’augmenter sensiblement le montant perçu par tonne de matière traitée sous peine de mettre également la clé sous la porte. N’ayant d’autres choix, les municipalités ont accepté, de concert avec Recyc-Québec, d’allonger ces sommes supplémentaires pour éviter une rupture de service.

En tant qu’élu-e-s municipaux, nous sommes en première ligne des efforts déployés pour améliorer notre environnement, et ce, avec des moyens limités. Il est impératif pour nous de trouver des solutions durables à la crise actuelle pour pouvoir recycler adéquatement en produisant de la matière résiduelle de haute qualité qui répond aux exigences des entreprises de chez nous, le tout dans une optique d’économie circulaire.

Il existe pourtant une solution toute simple afin de produire une matière de qualité supérieure à moindre coût : la consigne. En séparant les contenants à la source, on réduit de façon draconienne le taux de contamination des matières résiduelles, car on évite alors les bris et les mélanges.

Le régime de la consigne n’a pas évolué depuis son entrée en vigueur en 1984 et il est grand temps de le moderniser en augmentant le montant de cette dernière et en élargissant la consigne à de nouveaux contenants. Bonifier le montant de la consigne permettrait de hausser la redevance aux détaillants qui doivent gérer une partie du processus tout en augmentant encore plus le taux de récupération.

Élargir la consigne aux contenants de boissons en plastique et en verre est également essentiel, car ce sont ces deux matières qui présentent les plus hauts taux de contamination au sortir des centres de tri. De plus, il s’agit d’un excellent moyen de lutter contre les déchets sauvages et d’éviter que les poubelles municipales ne se remplissent trop rapidement. Également, plusieurs organismes sans but lucratif se servent de la consigne comme outil de financement et de développement social.

Un sondage SOM révèle qu’une écrasante majorité de Québécois et Québécoises sont en faveur de la modernisation de la consigne. Ainsi, pas moins de 86 % de la population est favorable à un élargissement de la consigne aux bouteilles d’eau en plastique et 91 % qui est favorable à un élargissement aux bouteilles de vin.

Nous espérons sincèrement que le nouveau gouvernement saura faire preuve de leadership en posant un geste fort pour réactiver ce dossier qui n’a pas bougé depuis plus de 30 ans. Parce qu’en 2019, le développement durable n’est pas une option, mais bien une nécessité!

Évelyne Beaudin, conseillère de Sherbrooke; Ginette Bellemare, mairesse suppléante de Trois-Rivières; Marcel Belzile, maire de Sayabec; Isabelle Bérubé, conseillère de Saint-Bruno-de-Montarville; Loïc Blancquaert, conseiller de Saint-Lambert; Marie Boivin, mairesse D’Orford; Georges Bourelle, maire de Beaconsfield; Julie Brisebois, mairesse de Senneville; Vincent Brochu, conseiller de Coaticook; Francine Caron Markwell, mairesse du Canton de Stanstead; Luc Cayer, maire de Stoke et préfet de la MRC du Val-Saint-François; Pierre D’amours, maire d’Amqui; Vincent Deguise, maire de Saint-Joseph-de-Sorel; Geneviève Dubois, mairesse de Nicolet; André Fournier, maire de Causapscal; Steve Girard, conseiller de Matane; Émile Grenon-Gilbert, conseiller de Mont-Saint-Hilaire; Paola Hawa, mairesse de Sainte-Anne-de-Bellevue; Maude Laberge, mairesse de Sainte-Martine et préfète de la MRC Beauharnois-Salaberry; Michel Lafrance, maire de Sutton; Alain Laplante, maire de Saint-Jean-sur-Richelieu; Mathieu Lapointe, maire de Carleton-sur-Mer; Xavier Léger, conseiller de Longueuil; Miguel Lemieux, maire de Salaberry-de-Valleyfield; Jacques Marcoux, maire de Potton; Patrick Melchior, maire de Farnham; Marilyn Nadeau, mairesse de Saint-Jean-Baptiste; Philippe Pagé, maire de Saint-Camille; Diane Pelletier, conseillère de Magog; Denis Parent, maire d’Otterburn Park; Marc Parent, maire de Rimouski; Serge Péloquin, maire de Sorel-Tracy; Guy Pilon, maire de Vaudreuil-Dorion; Réjean Porlier, maire de Sept-Îles et président de l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord; Jean Rousseau,conseiller de la Ville de Québec; Mona S. Morin, conseillère de Saint-Mathieu-de-Beloeil; Martin Soucy, maire de Mont-Joli; Bruno Tremblay, maire de Beauharnois; Louis Villeneuve, maire de Bromont