Le ministre de la santé, Gaétan Barrette

Il est encore temps de reculer, Monsieur Barrette

Le 28 septembre dernier, nous les professionnels et techniciens du CIUSSS de la Capitale-Nationale, avons appris avec stupéfaction l’annonce des coupes de 99 postes dont 65 proviennent de nos titres d’emploi.

Depuis plus d’une décennie, les intervenants sur le terrain tels que les travailleurs sociaux, les éducateurs, les ergothérapeutes, les physiothérapeutes, les psychologues, les nutritionnistes, les organisateurs communautaires ont été aux premières loges pour observer la diminution progressive des services offerts à la population. Ces coupes ne feront qu’empirer la situation et doivent être annulées.

Selon la direction, les postes vacants étaient des chaises vides ce qui ne perturbait pas les services à la population. Ce langage technocratique, pour nier l’impact des coupes, relève d’un mépris frappant envers l’intelligence de la population.

Il faut le dire, les coupes répétées ont progressivement dégarni nos équipes de travail. Notre charge de travail a augmenté. Les cas lourds y sont pondérés avec le même nombre d’unités et nous manquons de temps pour préparer adéquatement nos interventions. Bref, nous sommes vulnérables à l’erreur et nous avons souvent l’impression de ne pas arriver à offrir la qualité de service pour laquelle nous avons été formés.

Cette réalité correspond étrangement à ce que dénonçait récemment la Protectrice du citoyen à propos de votre réforme : diminution de l’offre de services de soutien à domicile, réduction de la durée moyenne des interventions, manque criant de places en centres d’hébergement de soins de longue durée, etc.

Dans ce contexte, les intervenants tombent malades et les coûts en assurance salaire bondissent. Pour éponger cette hausse, on nous propose d’autres coupes qui ne feront qu’augmenter la surcharge, laquelle entraînera en retour d’autres absences maladies… et le cycle recommence.

Le pire pour nous, c’est de constater que le gouvernement effectue ces coupes pendant qu’il réalise 2,5 milliards de surplus budgétaires et qu’il offre des augmentations faramineuses aux omnipraticiens. Où est l’urgence d’augmenter des salaires moyens de 280 000 $?

Sachez que nous resterons debout pour dénoncer cette situation malgré notre épuisement.

Monsieur Barrette, par respect pour l’ensemble des salarié-es du réseau et pour la population, vous devez renoncer à vos coupes dans la Capitale-Nationale. Autrement, nous ne pourrons que constater que le Parti libéral du Québec aura choisi de continuer à diminuer les services et à surcharger les intervenants.

Il est encore temps de reculer, Monsieur Barrette!

Danny Roy, président, Syndicats des professionnèles et techniciennes et techniciens de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (SPTSSS-CSN)

*La lettre est cosignée par 1009 professionnels et techniciens