Hygiénistes dentaires: la CAQ nous inquiète

La campagne électorale tire à sa fin. Elle a permis de mettre en évidence l’importance du problème d’accès aux soins buccodentaires pour la population. Cette réalité ne pourra plus être ignorée par le prochain gouvernement.

La prévention est la clé du succès pour diminuer l’incidence de la carie et des autres maladies buccodentaires. Le rôle de l’hygiéniste dentaire comme dispensateur de services de première ligne est reconnu dans l’ensemble du Canada, sauf au Québec. Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’est engagé publiquement à accorder l’autonomie des hygiénistes dentaires. Le Parti Québécois et Québec solidaire ont pris des engagements allant dans le même sens.

Dans sa réponse aux questions posées par l’OHDQ, la CAQ reconnaît «que les hygiénistes dentaires du Québec pourraient jouer un rôle accru dans l’offre de soins dentaires au Québec», mais que «certains actes professionnels doivent toutefois demeurer l’exclusivité des dentistes». Du même souffle, la CAQ déclare qu’un «gouvernement de la CAQ entend terminer les travaux… de la révision réglementaire des professions buccodentaires en collaboration avec les dentistes, les hygiénistes dentaires, leurs ordres professionnels et leurs associations professionnelles».

Ces propos de la CAQ nous inquiètent profondément! Des précisions s’imposent quant aux limites envisagées par la CAQ sur l’autonomie des hygiénistes dentaires. De même, on peut se surprendre de l’intention d’inclure les associations professionnelles dans des travaux ayant pour but la protection du public alors que leur mandat est de promouvoir les intérêts de leurs membres!

L’Ordre tient à rappeler aux représentants de la CAQ que les hygiénistes dentaires québécois ont l’expertise requise pour utiliser en toute autonomie les méthodes scientifiques de prévention et de contrôle des affections buccodentaires et ainsi contribuer de façon significative à l’atteinte des objectifs de santé du gouvernement.

L’OHDQ ne peut que se réjouir de l’engagement des partis dans ce domaine de la santé longtemps négligé, car il sera impossible d’améliorer la santé buccodentaire globale de la population québécoise sans la contribution optimale des hygiénistes dentaires ! Ces professionnels ont un impact positif sur le maintien de la santé buccodentaire des clientèles de cliniques privées, mais les bénéfices en santé se font attendre pour des segments de la population qui ne consultent pas. Les hygiénistes dentaires doivent aller à leur rencontre.

Il est reconnu que l’autonomie professionnelle des hygiénistes dentaires pour les activités spécifiques de leur champ d’expertise aura des répercussions tangibles et positives pour l’ensemble de la population québécoise. Pour les plus vulnérables de notre société, cette mesure permettra d’offrir des services dans leur milieu de vie, là où ils se trouvent : CPE, garderie, écoles, CLSC, à domicile, en établissements de personnes âgées ou handicapées, CHSLD, etc.

Pour une meilleure efficience dans le domaine de la santé, le prochain gouvernement, quel qu’il soit, doit passer de la parole aux actes et concrétiser ce que les différentes formations politiques prônent depuis plusieurs années, soit l’emploi «du bon professionnel, au bon endroit et au meilleur coût».

Diane Duval, présidente
Ordre des hygiénistes dentaires du Québec