«Si on veut décarboner notre économie, respirer un air meilleur, et freiner les changements climatiques, il faut opérer une transition des hydrocarbures (charbon et pétrole, surtout) vers des sources non émettrices de gaz à effet de serre (GES)», écrit l'auteur de cette lettre. 
«Si on veut décarboner notre économie, respirer un air meilleur, et freiner les changements climatiques, il faut opérer une transition des hydrocarbures (charbon et pétrole, surtout) vers des sources non émettrices de gaz à effet de serre (GES)», écrit l'auteur de cette lettre. 

Hydrogène: le Québec très bien positionné

POINT DE VUE / Dans le contexte où tous les gouvernements cherchent à relancer leurs économies gravement impactées par la crise sanitaire, les appels sont nombreux partout dans le monde pour accélérer les efforts en matière de transition énergétique, vers une économie émettant moins de gaz carbonique. 

On le sait, si on veut décarboner notre économie, respirer un air meilleur, et freiner les changements climatiques, il faut opérer une transition des hydrocarbures (charbon et pétrole, surtout) vers des sources non émettrices de gaz à effet de serre (GES). 

Le chantier de l’hydrogène

Nous avons une solution du côté du transport individuel : les batteries pour véhicules électriques. Le Québec est dans la course avec les recherches menées par Hydro-Québec pour améliorer leur performance et réduire les coûts. L’électrification des transports est en cours : 72 000 véhicules électriques sont en circulation au Québec, soit la moitié du nombre dans tout le Canada. 

Mais — et c’est là un gros défi pour l’urgence climatique — il n’existe pas encore de solution de décarbonisation à court terme pour le transport lourd (camionnage) et maritime. 

Un des plus grands espoirs réside dans l’hydrogène dit vert, c’est-à-dire produit grâce à de l’électricité propre, de source renouvelable, comme l’hydroélectricité.

En ce moment, l’hydrogène dans le monde est produit à partir de gaz naturel, donc émetteur de GES, pour des utilisations en chimie et en raffinage. Il semble par ailleurs écarté, pour l’instant, comme option dans le transport individuel, les batteries étant moins chères et plus accessibles. 

Mais en transport lourd et maritime, une mise à l’échelle de son déploiement pourrait être la solution pour décarboner ce secteur. Il y a aussi des industries à fortes émissions, comme les aciéries et les cimenteries, pour lesquelles cette technologie pourrait entraîner des diminutions significatives d’émissions de GES .

Un momentum

L’Agence internationale de l’énergie a produit fin 2019 un volumineux rapport très favorable à son déploiement. En Europe, une coalition de plus de 90 chefs d’entreprises a affiché début juin la ferme volonté d’investir massivement dans cette filière.

Chez nous, Ressources naturelles Canada a déclaré ce mois-ci qu’il planche sur une stratégie nationale. L’Alberta veut aussi s’y mettre, avec la création annoncée il y a quelques jours d’un groupe de travail pour se positionner dans ce créneau.

Il semble que, cette fois, le momentum soit bel et bien là. Et le Québec est parmi les mieux positionnés. Car l’ambition largement partagée aujourd’hui est de produire grâce à une électricité propre et renouvelable : l’hydrogène vert, conçu par électrolyse. Ce procédé coûte pour l’heure plus cher que la production à partir de gaz naturel, mais les espoirs résident dans le fait qu’une mise à l’échelle entraînerait une réduction notable des coûts.

Le Québec, qui produit une électricité propre, la moins chère en Amérique du Nord et avec des surplus, pourrait notamment attirer ici des industries nécessitant des molécules d’hydrogène. Hydro-Québec a inscrit cette filière dans son plan stratégique 2020-2024 et l’industrie électrique d’ici dit croire en son potentiel.

Tout serait donc en place pour que le Québec devienne, comme en hydroélectricité, un leader mondial dans la production d’hydrogène entièrement décarboné. C’est à espérer.