Groupe Capitales Médias, une faute collective

POINT DE VUE / Il est impensable que les journaux régionaux de Groupe Capitales Médias glissent en enfer. Surtout qu’ils n’en seraient nullement coupables ni responsables. En fait, leur état de santé financier est devenu fragile et périlleux par la faute de nous tous.

D’abord, les grands médias sociaux comme Facebook ou Google transmettent en général intégralement les publications et nouvelles... sans verser de «royautés» comme c’est couramment le cas dans l’industrie. À cet égard, les droits d’auteur en sont une belle illustration et devraient s’appliquer semblablement dans l’industrie de l’information électronique.

Il y a aussi toutes les administrations locales ou régionales qui semblent avoir concédé leurs responsabilités d’information envers la communauté locale. Je pense ici aux conseils municipaux qui ont de plus en plus négligé de diffuser leurs activités, décisions et même annonces commerciales, ayant privilégié, par exemple, les médias électroniques (leur propre émission de télédiffusion des débats...) sans en communiquer systématiquement les contenus par écrit à leurs propres journaux. Au final, nos journaux sont moins alimentés en infos, comme c’était le cas jusqu’à 2015, environ.

Il y a, surtout, le gouvernement Trudeau qui n’a jusqu’à maintenant jamais témoigné d’empathie, encore moins de vision, envers les médias écrits et canadiens qui connaissaient déjà ces problèmes. Pire, il a même privilégié Netflix, l’américaine, en l’exemptant de taxes, un comportement injuste pour nos diffuseurs canadiens. Un outrage irrecevable, à notre fierté nationale.

Enfin, j’ai noté, comme vous, la présence prédominante des journaux métropolitains, comme Le Journal de Montréal, dans les commerces locaux, les restaurants en particulier. Des revenus d’abonnements qui ne viennent point dans les goussets de nos journaux régionaux, hélas.

C’est ainsi que les régions se vident peu à peu de leur essence et identité. C’est aussi ainsi qu’implosent les appartenances locales et identités régionales.