L’auteur souhaite que la Ville de Québec publie des chiffres de fréquentation sur le Grand Marché issus d’une étude de fréquentation réalisée par une firme indépendante.

Grand-Marché: à quand des chiffres fiables?

POINT DE VUE / Le maire Régis Labeaume avec son goût et son don pour la dérision a, au cours d’une récente conférence de presse, dit et répété que tout allait bien au Grand Marché. Le directeur de la structure, fidèle et indéfectible soutient du maire dans cette aventure, a même donné quelques chiffres. 

Entendons-nous bien, je souhaite que le Grand Marché fonctionne, les millions du projet sont quand même sortis en partie de mes poches de contribuable, et je n’aime pas gaspiller mon argent.

En revanche, je serais vraiment rassuré quand on rendra public des chiffres de fréquentation issus d’une étude de fréquentation réalisée par une firme indépendante et dont c’est le métier.

En matière de fréquentation les chiffres les plus importants sont :

  • Le nombre de visiteurs uniques (un visiteur qui entre par la porte A, qui sort pour fumer et entre à nouveau par la porte B, ne représente qu’un visiteur pas deux).
  • Le taux de retour (j’y suis allé une fois, j’y suis retourné).
  • Le taux de fréquentation mensuel, montant du panier moyen par visite (1re visite, visite suivante).

Une fois que l’on a ces données de segmentation, on peut s’atteler à définir d’où viennent nos clients, comment ils viennent, quelle image ils ont du Grand Marché, ont-ils été satisfaits de leur visite, ont-ils des attentes insatisfaites, recommanderaient-ils le Grand-Marché à des tiers, etc….

Que le maire et la coopérative soient transparents. Qu’ils rendent publics les résultats d’une telle étude, tout le reste est de l’enfumage.

Dernier point, la mairie afin d’aider le Grand Marché et ses commerçants à démarrer, y va à coups de centaines de milliers de dollars (publics) de communication et par tonne de CO2 pour amener le chaland aux portes du Grand Marché à bord d’une navette surdimensionnée et aux trois quarts vide. Pour rappel, les commerçants du Grand Marché sont des entreprises indépendantes et privées, à ce titre je trouve déloyal que la mairie finance de la sorte des commerces, alors que d’autres se débrouillent pour financer, tant bien que mal, leur communication et leurs activités. Il y a une ligne de bus gratuite et directe pour aller du Vieux-­Québec au Grand Marché, alors qu’un tel service n’existe pas entre l’aéroport et le centre-ville. Je suis pourtant certain que tant les habitants que les visiteurs apprécieraient.

En résumé, nous avons aujourd’hui un investissement à plusieurs dizaines de millions de dollars de fonds publics, sous perfusion de fonds publics, sur lequel on communique des informations parcellaires et non vérifiées. Alors n’en déplaise à certains, il va falloir être un peu moins moqueurs et un peu plus transparents pour devenir convaincants.