«Refusant de regarder vers l’avenir et campant sur leurs positions, les membres du Mouvement pour une ville Zéro Déchet concluent leur message en discréditant une fois de plus le futur centre de biométhanisation (CBAQ), la solution développée par la Ville pour le traitement des matières organiques», écrit la conseillère municipale Suzanne Verreault en réplique à une lettre du Mouvement pour une ville Zéro Déchet parue dans Le Soleil.

Gestion des matières résiduelles: la Ville agit [RÉPLIQUE]

POINT DE VUE / En réaction à la lettre d’opinion «Collecte des ordures à la Ville de Québec: symptôme d’un mal profond», publiée dans Le Soleil du mercredi 26 juin 2019 et signée par Réal Caron, Jean-Yves Desgagnés, Marie-Hélène Deshaies et Véronique Laflamme.

C’est sans surprise que j’ai pris connaissance de la lettre d’opinion de Réal Caron, Jean-Yves Desgagnés, Marie-Hélène Deshaies et Véronique Laflamme, membres du Mouvement pour une ville Zéro Déchet. En utilisant comme prétexte le rapport annuel pour l’année 2018 du Vérificateur général déposé la semaine dernière, ces personnes ressassent encore une fois le passé et remâchent une bouillie amère dont le résultat mène à une réflexion anémique. Chaque fois qu’ils s’expriment, je m’étonne de leur acharnement à revenir sur l’issue du Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles de 2004 et sur des décisions prises par l’administration de l’époque afin de discréditer les efforts actuels de la Ville pour gérer les matières résiduelles de tous les citoyens de l’agglomération de Québec.

Certes, le rapport du vérificateur général fait état que de confier la collecte des matières résiduelles à l’entreprise privée a provoqué l’augmentation des plaintes. Il faut comprendre qu’au moment même de la vérification, le secteur de la gestion des matières résiduelles rencontrait des difficultés avec un fournisseur qui n’arrivait pas à honorer son contrat. De plus, à la suite de cette expérience, la Ville de Québec a décidé d’inclure des critères qualitatifs dans ses appels d’offres visant la disponibilité des équipements et de la main-d’œuvre. Ce que les membres du Mouvement pour une ville Zéro Déchet ne disent pas, c’est que le contexte n’est pas la même qu’en 2009 quand la Ville a décidé de confier la collecte à l’externe. Le marché des fournisseurs de collecte en pleine mutation et la pénurie de main-d’œuvre en général à Québec ont affecté la prestation de service de l’entreprise privée. En évaluant l’option de reprendre à l’interne une partie de la collecte, la Ville agit de manière responsable.

De surcroît, les membres du Mouvement pour une ville Zéro Déchet ignorent volontairement les efforts mis en place depuis 2015 pour améliorer l’incinérateur. Ils oublient de dire que de fermer l’incinérateur obligerait la Ville à transporter dans une autre municipalité les déchets de plus de 600 000 personnes pour les enfouir. Ici encore, la Ville choisit d’agir et de prendre ses responsabilités en préservant un équipement essentiel qui lui permet de gérer ses déchets sur son territoire. Les signataires de la lettre d’opinion ferment également les yeux sur toutes les mesures mises en place depuis le dépôt de notre Vision pour une saine gestion des matières résiduelles 2018-2028: la gratuité dans les écocentres, la campagne d’information publique sur le recyclage Ça va là!, L’écocentre mobile, le soutien financier offert aux organismes pour limiter le gaspillage alimentaire, les projets d’économie circulaire, les formations au compostage et le soutien au compostage communautaire et j’en passe.

Refusant de regarder vers l’avenir et campant sur leurs positions, les membres du Mouvement pour une ville Zéro Déchet concluent leur message en discréditant une fois de plus le futur centre de biométhanisation (CBAQ), la solution développée par la Ville pour le traitement des matières organiques. Ils ne mentionnent pas que le CBAQ permettra de valoriser les boues municipales qui sont actuellement séchées et brûlées à l’incinérateur limitant du même coup l’utilisation de ce dernier. Ils se taisent également sur les 86 600 tonnes de résidus alimentaires qui seront détournés de l’incinérateur vers le CBAQ pour y être valorisés.

J’ai proposé à plusieurs reprises aux membres du Mouvement pour une ville Zéro Déchet de venir me rencontrer afin que nous puissions échanger sur l’ensemble des actions qui font partie de notre plan et qui seront mises en œuvre d’ici 2028 afin d’atteindre l’objectif ambitieux que nous nous sommes fixés de valoriser 82 % des matières résiduelles générées sur notre territoire. J’attends toujours leur confirmation.

*Suzanne Verreault est conseillère municipale du district du Vieux-Limoilou et membre du comité exécutif responsable de l’environnement et de la gestion des matières résiduelles.