Gérer la pénurie de main-d’œuvre par le gros bon sens!

POINT DE VUE / Parce que la pénurie de main-d’œuvre nécessite des solutions adaptées aux différents besoins des employeurs, d’entrée de jeu, il importe de préciser qu’il s’agit d’un manque de candidats pour un marché de travail précis, délimité par une catégorie professionnelle et un territoire géographique. À ne pas confondre avec les situations de «déficit de compétences» et «d’inadéquation des compétences».

Cela dit, selon certains économistes, une réelle pénurie de travailleurs devrait mener à de meilleurs salaires. N’est-ce pas l’essence même de la loi de l’offre et de la demande? C’est du moins la première chose que j’ai apprise dans mon cours d’économie 101, sous l’enseignement de Pierre Fortin, professeur émérite de sciences économiques. Par exemple, lorsqu’on manque de patates, leur prix augmente. N’est-ce pas le gros bon sens?

Mais encore... Toujours selon M. Fortin, la pénurie de main-d’œuvre doit être attaquée sous plusieurs angles et à répétition : la réorganisation du travail; l’investissement dans la robotisation, l’automatisation et la numérisation; la rétention au travail des employés plus âgés moyennant certains incitatifs financiers ou autres; l’investissement dans la formation continue; et bien entendu l’immigration. L’immigration, non pas avec de fortes hausses de quotas généraux d’immigrés qui pourraient avoir pour effet de faire augmenter le chômage des nouveaux arrivants, mais par le biais d’un recrutement sélectif des travailleurs étrangers en fonction des besoins réels du marché. Encore le gros bon sens, n’est-ce pas?

Enfin, se peut-il que certaines barrières à l’embauche imposées par l’État font en sorte que les compétences recherchées par les entreprises ne correspondent pas à celles offertes sur le marché, ce qui réduirait d’autant le bassin d’employés disponibles?