La militante écologiste Greta Thunberg participera à une manifestation contre les changements climatiques à Montréal le 27 septembre prochain.

Gare aux sirènes du fétichisme écologique!

POINT DE VUE / Tant qu’à être dans la surenchère médiatique et la quasi-hystérie collective, essayons d’imaginer la scène : Greta va-t-elle se mettre à léviter, le 27 septembre prochain, à Montréal, durant la méga-manif pour le climat? Et l’oracle Manon, cette humaine privilégiée qui interprète pour nous les mystères du Cosmos, concevra-t-elle en direct grâce aux bonnes œuvres du Saint-Esprit? Quant à GND, cet autre lumineux prophète qsiste et grand-prêtre lui aussi de la climatologie occidentale, réussira-t-il à changer les eaux usées du Port de Montréal en vin? Nous fera-t-il un «remake» de la multiplication des pains sur le Mont-Royal?

QS et la vertu compissée

Sérieux, là! Certes, la planète tremblote et brule de fièvre, et il lui faut d’urgence un remède de cheval. Soit! Mais par-delà les incontournables manifestations prévues, avons-nous vraiment besoin de tout ce grand-guignolesque qui entoure le reste? Avons-nous besoin de ces fanfares, flonflons, simagrées et salamalecs pour souligner l’arrivée de la jeune Greta Thunberg — et de son staff — au Québec? Que voilà donc une atmosphère de cirque plutôt contreproductive, et doublement alourdie par les consternantes tentatives de Québec solidaire de récupérer tous les bénéfices possibles du phénomène Greta. Ça, et le fait pour cette formation d’essayer puérilement de mettre la CAQ (et les autres partis) au pied du mur, avec ses rodomontades et ses déclarations intempestives sur la meilleure façon de contrer la question du réchauffement climatique. Sur ce d’ailleurs, on ne peut que donner raison à Pascal Bérubé du PQ, qui a vertement dénoncé l’instrumentalisation qsiste de l’égérie suédoise, et partant, les manœuvres populistes des élus-es solidaires qui ne visent qu’à «remplumer» leur improbable stratégie politique de l’ultimatum amorcée le printemps dernier.

N’empêche, il faut reconnaitre que les projets de la CAQ sont anémiques sur la question de la transition énergétique. Mais si, pour Québec Solidaire, faire de la politique autrement en pareille matière, c’est de jouer comme d’habitude à «Ma vertu est plus grosse que la tienne, et je te la compisse en pleine face!», eh bien, moi, je préfère de beaucoup le silence parlant des gens qui doutent… mais qui savent écouter de bonne foi.

L’autisme de Greta, un parfait bouclier

Cela dit, Greta Thunberg, la populaire icône planétaire de 16 ans, a beau incarner de façon étonnante, émouvante et même (avouons-le!) très courageuse, le message de la science, elle et son staff ont leurs limites, leurs trous noirs et probablement aussi leurs péchés non avouables. Et malheureusement, ces zones d’ombres là sont très difficilement questionnables, étant donné, comme le dénonçait récemment l’écrivain Pascal Bruckner, «qu’en révélant qu’elle était atteinte du syndrome Asperger, ses parents en ont fait un bouclier inattaquable». Et comme le clamait si bien Danielle Langloys, d’Autisme-France, «les personnes qui ne connaissent rien à l’autisme n’ont qu’à se taire.»

Ouille!

Manipulation et greenwashing

Autrement, pendant que nous, écolos, journalistes, spécialistes et humbles citoyens-nes du Québec et monde entier, nous nous questionnons et nous entredéchirons sur les compétences et la crédibilité de la jeune messagère du GIEC, et aussi sur les effets possibles et néfastes de l’écoblanchiment (greenwashing), sur la finance verte, sur l’instrumentalisation (ou pas) de Greta par son écrivaine de mère, son père acteur, et enfin sur Ingmar Rentzhog, le «génial» conseiller marketing et aussi cofondateur du réseau We don’t have time, le grand capital mondial, lui, a beau jeu et n’arrête jamais d’engranger. Et de continuer, ici et là, à grappiller les ressources.

Gare aux icônes

Une dure et froide réalité s’il en est, qui amenait récemment le philosophe français Michel Onfray à cette critique: «L’enfant est fait pour être dépassé par plus que lui, non pas être célébré comme une fétichisation, une icône. Le monde gouverné par l’argent, avance-t-il, a détruit la raison, la conscience, la réflexion, la méditation, l’analyse, la logique, afin de mieux gouverner les humains par les sentiments, les émotions et les affects. Greta et son staff viennent s’ajouter au 1984 d’Orwell». Sévère le gars, mais au ras du sol!

Chose certaine, en équilibre entre la catatonie désespérante et un hyper-catastrophisme paralysant la raison, nous attendons de l’actuel gouvernement qu’il mène des actions courageuses, nouvelles et audacieuses, et surtout qu’il établisse clairement une politique générale qui tienne compte des changements climatiques et de la réduction des GES sur le long terme!

Pour donner un minimum d’espoir et de sérénité à toutes les générations du Québec, pour la suite du monde et du pays.