La future réglementation municipale doit viser une réduction drastique de l’hébergement touristique de type Airbnb, estime l'auteur de cette lettre.

Freiner la croissance d’Airbnb

L’hébergement touristique de type Airbnb connaît un essor fulgurant à Québec. Entre janvier 2017 et 2018, le nombre de logements entiers offerts sur la plateforme a augmenté de 51,5 %. Cette expansion se fait au profit de certains individus qui en récoltent les bénéfices financiers, mais au détriment de la majorité des résidents, en particulier des ménages locataires à revenus modestes, qui voient le tissu social de leur quartier s’effriter et leurs conditions de logement se précariser.

Dans les quartiers de la Basse-Ville, plus de 400 logements entiers sont présentement offerts aux touristes sur la plateforme Airbnb. 70 % d’entre eux ont été réservés plus de 50 nuits lors de la dernière année, selon des informations tirées du site AirDNA. Ces logements ont rapporté, en moyenne, 1500 $ mensuellement à leurs hôtes.

Les locataires en ressentent déjà les conséquences. Des ménages sont évincés de leur logement (et souvent déracinés de leur quartier) par des propriétaires attirés par l’appât du gain. D’autres subissent pressions et chantages afin de les obliger à quitter leur chez-soi. Sans oublier que le retrait de centaines de logements du parc locatif a un effet inflationniste sur les loyers de l’ensemble des locataires.

La qualité de vie dans les quartiers en pâtit également. Va-et-vient incessant, bruit, effritement des liens de voisinage, sentiment d’insécurité, perte de commerces de proximité abordables, plusieurs résidents peuvent témoigner des inconvénients occasionnés par l’hébergement de type Airbnb.

Lors des consultations publiques menées par la Ville de Québec sur l’hébergement touristique, certains acteurs ont exprimé le souhait d’une augmentation de l’offre de type Airbnb dans Saint-Roch et Limoilou, deux quartiers populaires de la Basse-Ville de Québec. Il s’agirait d’une bien mauvaise nouvelle. Au contraire, la future réglementation municipale doit viser une réduction drastique de l’hébergement touristique de type Airbnb. Ce ne sont pas les profits rapides et les intérêts mercantiles de certains qui doivent primer, mais le droit au logement pour tous et la qualité de vie des résidents.

Jonathan Carmichael, Organisateur communautaire, Bureau d’animation et information logement (BAIL)