Le gouvernement du Québec a organisé des journées de réflexion sur la valorisation de la formation professionnelle lundi et mardi derniers, alors qu’on parlait notamment des parents… en leur absence, dénonce la Fédération des comités de parents.

Formation professionnelle: pourquoi ignorer les parents?

Le choix de carrière est un moment crucial dans la vie d’un jeune. Il est primordial que ce dernier puisse être en mesure de s’orienter vers un métier qui correspond à ses intérêts, ses capacités et pour lequel il éprouve une réelle motivation.

Les parents ont une grande influence sur le choix de carrière de leur enfant. La façon dont ils conçoivent le marché du travail, la manière dont ils valorisent certains métiers et leurs perceptions des compétences et talents de leur enfant influenceront ce dernier dans ses opinions et ses choix.

D’ailleurs, les recherches confirment cette influence des parents dans le cheminement d’orientation de leur jeune. C’est une des raisons pour lesquelles la Fédération des comités de parents (FCPQ) a collaboré étroitement à la création d’un outil virtuel pour les parents, Espace parent, afin de soutenir ces derniers dans leur rôle. 

La formation professionnelle a souvent été et est encore trop souvent l’enfant pauvre des options à considérer dans l’orientation de nos jeunes. Pourtant, elle devrait être pleinement valorisée et positionnée comme voie d’avenir vers des carrières stimulantes qui répondent aux aspirations de nos jeunes et aux besoins du marché du travail.

La Fédération des comités de parents du Québec défend depuis longtemps cette position. Déjà, en 2010, la Fédération avait adopté une résolution pour être entendue lors de la Rencontre des partenaires de l’éducation sur la formation professionnelle et le travail. La Fédération avait aussi effectué des réflexions auprès de ses instances, ce qui avait mené les parents à dégager trois fronts principaux pour favoriser l’accès à la formation professionnelle : attirer les jeunes, accueillir les jeunes et retenir les jeunes.

Apparemment, le gouvernement du Québec partage lui aussi cette préoccupation envers la valorisation de la formation professionnelle puisque des journées de réflexion étaient au cœur des agendas des uns et des autres du milieu de l’éducation et du travail, lundi et mardi de cette semaine (5 et 6 février), alors qu’on parlait notamment des parents… en leur absence!

Les parents sont les premiers concernés par la persévérance scolaire et les choix de carrière de leurs enfants.

Aussi, dimanche dernier, nous avons été surpris d’apprendre la tenue de cet événement… dans un article de Radio-Canada! Sidérés de la situation, nous avons obtenu rapidement le document Bâtir ensemble la formation professionnelle du XXIsiècle qui servira de guide aux journées de réflexion. Les pages 40 à 44 présentent des thématiques liées aux parents. On y parle entre autres d’analyser les besoins des parents en matière d’information scolaire et professionnelle et au regard de l’accompagnement de leurs jeunes.

La Fédération a donc lancé un échange courriel qui a confirmé qu’aucun parent n’avait été invité à cet événement! Pourtant, 350 personnes seront présentes à cet événement : présidents de commissions scolaires, directions d’établissements et de centres de formation professionnelle, cadres scolaires, enseignants, associations diverses, tant du monde de l’éducation que du monde de l’emploi, etc. Avec beaucoup de diligence, un représentant du cabinet du ministre de l’Éducation a alors invité la FCPQ à se joindre à l’événement… à moins de 24 heures d’avis.

Je suis franchement désolée de la situation, car elle est inacceptable. Dommage, car nous connaissons le souci et le respect du ministre envers les parents du Québec. Une invitation faite à 24 heures d’avis ne saurait compenser pour une omission de cette nature.

Je conclus donc en vous annonçant que les parents ont des choses à dire sur la valorisation de la formation professionnelle, mais ils le feront ultérieurement, indépendamment de ces journées de réflexion auxquelles ils n’ont apparemment jamais fait partie d’une réelle préoccupation, méconnaissant ainsi clairement les facteurs principaux d’influence dans l’orientation et les choix professionnels des jeunes.

Corinne Payne, présidente, Fédération des comités de parents du Québec