«Je travaille en formation générale aux adultes depuis plus de 20 ans. Mes classes sont composées d’élèves de quatrième et cinquième secondaires, plusieurs ont des difficulté d’apprentissage et on peut considérer la majorité d’entre eux comme des élèves à risque. Soucieuse de leur bien-être, respectant vos consignes, j’ai gardé le lien. Je les ai encouragés à travailler dans leur cahier, je leur offert un suivi à distance et j’ai multiplié les moyens de communication.», écrit Lyne Cadieux, enseignante au Centre de formation continue des Patriotes.
«Je travaille en formation générale aux adultes depuis plus de 20 ans. Mes classes sont composées d’élèves de quatrième et cinquième secondaires, plusieurs ont des difficulté d’apprentissage et on peut considérer la majorité d’entre eux comme des élèves à risque. Soucieuse de leur bien-être, respectant vos consignes, j’ai gardé le lien. Je les ai encouragés à travailler dans leur cahier, je leur offert un suivi à distance et j’ai multiplié les moyens de communication.», écrit Lyne Cadieux, enseignante au Centre de formation continue des Patriotes.

Formation générale aux adultes, une immense injustice!

Lettre au ministre de l’Éducation

Le couperet est tombé. Les écoles primaires ouvriront leurs portes aux élèves, mais les élèves du secondaire resteront chez eux et les centres de formation générale aux adultes (FGA) resteront fermés jusqu’en septembre. Décision difficile, mais qui pourrait sembler juste. Mais voilà, alors que les épreuves ministérielles ont été annulées pour les élèves de la formation générale des jeunes (FGJ), les élèves de la FGA, eux, doivent les réussir pour obtenir leur diplôme. Et, si le silence de notre ministre se maintient, il leur sera impossible de le faire d’ici septembre puisque leur centre demeurera fermé. C’est une immense injustice!

Je travaille en FGA depuis plus de 20 ans. Mes classes sont composées d’élèves de quatrième et cinquième secondaires, plusieurs ont des difficulté d’apprentissage et on peut considérer la majorité d’entre eux comme des élèves à risque. Soucieuse de leur bien-être, respectant vos consignes, j’ai gardé le lien. Je les ai encouragés à travailler dans leur cahier, je leur offert un suivi à distance et j’ai multiplié les moyens de communication. Je leur ai confirmé que, oui, ils devraient faire leurs épreuves ministérielles, mais je leur ai aussi dit que leur ministre serait conséquent et leur permettrait certainement d’aller passer leurs examens sous peu. Mais, silence. Aucune réponse aux directions des centres de formation des adultes, lesquels, je sais, vous font des propositions. En fait, j’ai 25 élèves motivés, qui doivent commencer un DEP ou un DEC en septembre, qui me font confiance. Que dois-je dire de votre silence devant leur situation?

Rappelons que les élèves de la FGA, contrairement à ceux de la FGJ, doivent passer leurs épreuves ministérielles pour obtenir leurs unités. Pour comprendre la situation, le cas de Jonathan est éloquent.

Pour réussir son français de cinquième secondaire, il avait sept épreuves ministérielles à réussir. Il a utilisé de bonnes stratégies et a fièrement réussi les six premiers examens. Le vendredi 13 mars, il devait faire son dernier examen et obtenir ainsi son diplôme d’études secondaires. Il devait écrire un poème. Il s’était pratiqué en classe et j’affirme que, bien qu’il ne deviendra pas un poète, il aurait réussi cet examen. Mais impossible pour moi, à l’instar de mes collègues de la FGJ, de reconnaitre sa réussite. Il doit passer l’épreuve et, pourtant, il a cumulé six notes officielles. En plus, je devrai lui dire d’attendre septembre pour faire son examen? Je cherche la cohérence.

Plusieurs de mes élèves me demandent de les rassurer. Après un parcours difficile dans notre système scolaire, quelle joie, ils ont été acceptés au cégep! Bien sûr, ils doivent terminer leur DES. Ils sont habitués de travailler fort, ils se sont adaptés à la formation à distance que je leur offre. Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec ne peut pas les avoir oubliés... Impossible. Que dois-je dire à Marie-Pier qui, pour terminer ses modules et se préparer aux examens, m’envoie des poèmes (sur l’anxiété…) le samedi et dimanche, après avoir travaillé chez IGA? Elle me demande si elle pourra aller faire ses examens bientôt. Ces examens, rappelons-le, obligatoires puisque le ministre en a décidé ainsi. Aujourd’hui, j’ai de la difficulté à me faire rassurante, je ne voudrais pas trahir leur confiance en disant que ça va bien aller.

On parle très peu de la FGA dans les médias. Notre réalité gagnerait à être connue. Maintenir l’obligation pour nos finissants de faire les épreuves ministérielles, et du même coup, ne pas leur offrir la possibilité de le faire, n’est pas seulement une injustice, mais un message insensible envoyé à des milliers d’élèves disant que leurs efforts ne seront pas entendus.