Le Club Med au Massif de Charlevoix doit ouvrir en 2019.

Forêts et patrimoine menacés par le Club Med

Le futur Massif de Charlevoix Resort, d’appellation internationale, regroupera sur un vaste périmètre un hôtel Club Med d’au moins 300 chambres, plusieurs centaines de condos d’investissement international avec leurs voies d’accès, leurs stationnements ainsi que fort probablement des boutiques, restos, spas, piscines, aires de divertissement et de détente etc.

Ces lourdes infrastructures seront érigées sans les moindres études d’impact et de faisabilité, au bas d’un versant côtier d’une biodiversité aussi riche que fragile (voir Google Earth aux coordonnées 47° 17’ 05’’ N et 70° 34’ 30’’ O) dans une zone de forêts patrimoniales anciennes avec leurs érables bi- ou même tricentenaires, là où de plus une étude archéologique commandée par la MRC de Charlevoix a démontré l’intérêt historique des lieux (Étude de potentiel et inventaire archéologique. Forêt du Massif. Petite-Rivière-Saint-François. Pintal, Jean-Yves – 2013).

Aberration

Une situation aberrante dans une région qui se targue d’inspirer la planète avec son statut de «réserve de la biosphère». Aberration qui se décuple en se remémorant les engagements formels pris et repris maintes fois sur la place publique par Daniel Gauthier : jamais un resort!

Soixante-cinq millions de fonds publics engagés donc pour plutôt un anti-resort respectueux du territoire et de la collectivité tel que décrit à l’époque dans le plan de développement de Territoire le Massif inc. avec la fiducie d’Hélène Dufresne (actuelle présidente d’Équiterre) et de Daniel Gauthier au poste de contrôle.

Maintenant, contre toute attente, les gouvernements canadien et québécois répondent au virage à 180 degrés du promoteur et octroient conjointement 36 millions $ de plus sous forme de prêt pour un Club Med chinois...resort. La spéculation subventionnée triomphe royalement sur des terres du domaine de l’État aliénées. Et c’est sans compter la relance en grandes pompes de l’inflation immobilière en périphérie d’un projet devenu le contraire de celui prévu au départ.

Bilan, environ 125 millions $ d’argent des contribuables auront été consentis dans des projets reliés à ce centre de ski depuis ses origines incluant le fameux centre d’entraînement canadien (piste la Charlevoix) déserté par les athlètes dès le début.

Et le territoire qui en mange toute une.

François Lessard, Baie-Saint-Paul