«En plus de mettre fin à une crise qui prend de l'ampleur tous les jours, le report de la révision du programme offrirait une occasion au gouvernement d'entreprendre une véritable réflexion sur le déséquilibre fiscal actuel dans le secteur agricole», estime l'auteur.

Fiscalité agricole: il faut reporter la révision du programme

Depuis le 1er janvier dernier, la révision du Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) est en vigueur, ce qui aura un impact injustifié de plus de 1100 $ pour la plupart des producteurs de grains du Québec. Au départ, cette révision administrative devait être à coût nul pour les producteurs. Or, après avoir pris conscience de la pertinence des calculs des représentants des producteurs, le gouvernement a nommé un expert afin d'avoir l'heure juste sur cette question. Cette nomination est la preuve que le gouvernement avance à l'aveuglette dans ce dossier et que la meilleure décision rationnelle à prendre est de reporter la révision de ce programme à une date ultérieure.
En plus de mettre fin à une crise qui prend de l'ampleur tous les jours, le report de la révision du programme offrirait une occasion au gouvernement d'entreprendre une véritable réflexion sur le déséquilibre fiscal actuel dans le secteur agricole.
En effet, le fondement de ce programme est de compenser les pertes des producteurs pour une taxation excessive des municipalités à leur endroit, qui n'a strictement aucun lien avec les services municipaux obtenus en contrepartie. Réaliser une véritable réforme de la fiscalité agricole est possible, mais il faut pour cela calmer le jeu, et un gouvernement responsable peut poser des gestes en ce sens.
Le 27 janvier dernier, des démarches judiciaires ont été entreprises afin de contrer la révision du ministre Paradis. Dans quelques jours, des gestes auront lieu sur le terrain afin d'affirmer le droit de propriété des producteurs sur leurs terres. Tous les jours, les producteurs reçoivent de nouveaux appuis : motoneigistes, quadistes, représentants municipaux, etc. Nous demandons au nouveau ministre, Laurent Lessard, de poser un regard neuf sur ce dossier, de reporter la révision de son prédécesseur et de réunir les représentants de tous les milieux concernés pour en arriver à une solution négociée.
Christian Overbeek, président, producteurs de grains du Québec